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Les Connexions au Vivant

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"Toute révolution franchit systématiquement trois étapes : D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence." Arthur Schopenhauer

Notre époque s'est muée en un gigantesque champs bouillonnant, où sans cesse surgissent et se multiplient prises de conscience, désir de changements, prodigieuses innovations et souhait de rupture à l'existant. En ses fondations, de substantielles lignes de forces s'estompent, se constituent, s'effacent, se raniment, se renforcent, s'entre-mêlent et se brisent, révélant l'obsolescence de son vieux monde qui, peu à peu, s'effrite pour céder la place à une inévitable métamorphose radicale de notre façon de produire, consommer et penser. Parmi ce vivier de révolutions émergentes, une retiendra, ici, particulièrement notre attention: la viande cultivée.

Le sujet sera vecteur de rire et de rage par les chasseurs, les réactionnaires ainsi que pour les apôtres de la mort industrialisée. Aveuglés par leur soif de souffrance, à cette opportunité de changement ils n'y verront qu'un non-sens, pire, un éminent danger à annihiler.

D'autres, plus perfides, saturant jusqu'à leurs sommets les mondes du New-Age et de l'écologie, tristes démiurges du faux-semblant, surjouérent la désolation face aux forêts par les flammes ravagés, de voir la Terre et son écosystème éventrés et pillés, Ils n'eurent de cesse que d'étaler leur désespoir face à l'ignominie d'un règne animal broyé. Affichant avec force leur soutien aux militants de la cause animale, et se prétendant, particulièrement, connectés au vivant. Alors qu'en off, loin de toute caméra, nous fûmes témoins de leurs dégueulées de haine à l'encontre des animalistes, antispécismes, vegans et autres "carencé.e.s", "dégénéré.e.s", "extrémistes" ou "infesté.e.s de basses énergies". Nous vîmes ces quelques éveillé.e.s surplombant le commun s'enorgueillir d'avoir convaincu leurs compagnes, jusqu'alors végétarien.ne.s, de revenir à une consommation assidue de chair animale. Dès lors, nous savons que, quelque soit la substitution proposée et sa qualité, ces fabuleux personnages, feindront le trop, le pas assez, useront de leur habile mauvaise foi afin de rejeter toute innovation qui, de près ou de loin, s'attaquerait à leur petit plaisir gustatif, même s'il est bâti sur une montagne de cruautés et d'abominables fleuves de détresses.

L'hypocrisie atteint son climax quand l'aveux s'entremêle à la fierté de prier, non pas afin de témoigner de sa gratitude auprès d'une quelconque entité éthérée pour le repas permis, quel qu'il soit, mais, par "compassion" à l'animal qui "a donné sa vie" pour fournir la sacro-sainte bidoche dans leur assiette. Aucun wishfull thinking, aucun pseudo-principe karmique fantasmé, ne pourront gommer la réalité selon laquelle tout être vivant aspire, intrinsèquement, à vivre. Aucune "meilleure" condition de vie, aucune lâcheté ne pourront jamais absourdre, atténuer ou justifier les vies arrachées. Même si vos mains jointes sont indemnes de tout sang, vos corps, eux, restent engorgés de cadavres et de mort.

A leur contact, nos espoirs en notre espèce auraient pu se désagréger. Heureusement, nos chemins de vie nous ont permis de rencontrer, en ces mêmes sphères, loin de toute notoriété, des êtres humains qui se sont vu aspiré par l'appel d'une quête intérieure extrême avec les peuples premiers et leur medicina, s'isolant pendant des années au cœur de la Selva ou au fin fond de la Toundra, afin d'embrasser une expérience initiatique puissante et périlleuse, leur permettant de vivre une véritable communion avec le vivant, dans toutes ses manifestations, minérales, végétales, animales, et d'intégrer, jusqu'à dans leur chair, la nécessité sine qua non de tout faire pour les préserver. Par la parole et l'action, à travers leurs choix alimentaires, leur mode de consommation et leur pensée, ils se sont joints aux rangs de ceux qui ressentent une empathie envers la vie et que vous qualifiez de "dégénéré.e.s" ou d'"extrémistes". Ils ont eu le courage de se confronter à leur dissonance cognitive avant de la briser.

Alors, vous l'aurez compris, mon plaidoyer tentera de servir au mieux ceux qui n'ont pas la parole, qui n'ont que la peur et les cris de désespoir. Ceux qui vivent dans l'enfer que notre prétendu humanité a enfanté, cerné de caillebotis, de ferrailles, de barrière, de tôle, d'infernale chaleur, de concentration et d'hypoxie. Tous ceux qui, non humains, dotés d'une conscience, d'émotions et de nocicepteurs, sont jetés dans un couloir de la mort trop tortueux pour permettre un retour en arrière, poussés dans une salle où les crânes sont fracassés à la chaîne, où les gorges et les carotides sont tranchées presque mécaniquement, de façon incessante. Jusqu'à l'agonie et le dernier battement de cœur.

En m'adressant à mes contemporains qui ont suffisamment cheminé pour comprendre l'ignominie de la viande conventionnelle et tout l'enjeu que la viande cultivée permettrait, je ne cherche pas à les convaincre, mais à leur fournir toutes les avancées sur le sujet afin de renforcer leur choix de se détourner de ce triste massacre de masse.

Culture cellulaire

S'obstiner à nourrir cet ogre dantesque, nous le savons, contribue à précipiter une imminente tragédie environnementale. Sa voracité ne cesse de croître, rongeant jusqu'à l'os notre écosystème. Pris par un déni collectif et guidées par des striatums en roue libre, nos sociétés restent crantés à une délirante production de viande conventionnelle qui demeure les facteurs majeures à l'augmentation de gaz à effet de serre, à une curée insoutenable en eau et en céréales, ainsi qu'à une tragique déforestation, incluant le "poumon de notre planète", la forêt Amazonienne.

La viande cultivée se propose de nous extirper de ces folies amorales et écocidaires. Pour le comprendre, des préjugés doivent être dépassés, et des évidences rappelées: La viande cultivée n'est pas un énième simili, elle n'est ni plus ni moins que de l'authentique viande. Or, contrairement à la viande conventionnelle, celle-ci est décorrélée de toute mise à mort ou quelconque forme de barbaries. Cultivée in-vitro, transposant à l'identique les mécanismes cellulaires et biochimiques se déroulant à l'intérieur du corps de l'animal, elle permet de produire les mêmes éléments qui constitue la viande conventionnelle, majoritairement constituée de cellules musculaires, graisseuses et de tissus conjonctifs.

Son procédé pourrait se résumer, de façon non-exhaustive, à ces quelques étapes: Le prélèvement de cellules souches (CS) par méthode mini-invasive sur un animal ou un oeuf, ces CS seront triées puis stockées dans une banque de cellules. De là, des fibroblastes, myoblastes, cellules mésenchymateuse ou iPSC (CS Pluripotente induite) pourront être sélectionnées et déposées dans des cultivateurs (aussi appelés bioréacteurs) pour se multiplier exponentiellement. Dedans, tout y sera contrôlé, l'apport d'oxygène, la température, le pH, les niveaux des métabolites ainsi que l'approvisionnement de milieu nutritif. Ces milieux nutritifs délivrant aux cellules du glucose, des sels inorganiques, des acides animés, des facteurs de croissance (nous en reparlerons plus bas), des lipides et antioxydants, fournissant les nutriments nécessaires à leur prolifération ou différenciation. Enfin, une dernière étape non-systématique, l'échafaudage de matrice extra-cellulaire fournissant aux cellules un support structurel pour s'y adhérer, se différencier ou mûrir.

Cette mise en abîme des processus de culture de la viande cultivée, je le sais, précipitera une déversé d'indignations, d'appels à l'ignominie, à l'impensable par certains, obsédés de ses caractères "artificiels" ou "de laboratoire". A eux, rappelons à quel point nos frigos, congélateurs, garde-manger et, de facto, nos assiettes, en artificialisation sont déjà saturés. Tous ces lieux, locaux ou industriels, du laboratoire à l'usine en passant par la petite exploitation, intégrant les principes de contrôle qualité, d'hygiène, de pasteurisation, de stérilisation, de transformation et de conditionnement, permirent à nos sociétés d'avoir accès à une nourriture sécurisée de tout danger bactérien et autre. A cet égard, la culture cellulaire de viande est, peu ou prou, similaire aux processus de brassage de la bière ou de culture de spiruline.

Antibioresistance

De tous les fléaux qui menacent notre civilisation, l'antibioresistance est l'un qui, de jour en jour, enfle dramatiquement. Nous la savons étroitement liée au domaine de l'agriculture animale, et plus particulièrement à l'élevage intensif. Cette seule activité concentre près de 70% des antibiotiques utilisés. La viande cultivée serait une voie prometteuse pour endiguer ce malheur qui nous frôle et promet de nous emporter.

Le champ de Biopharma nous démontre qu'une production sans antibiotique avec des taux de contamination de lots très faible (2%), affirmant une contamination contrôlée avec succés dans l'écrasante majorité des cas, demeure possible. Cette capacité puissante d'asepsie doit être adaptée à la culture de viande en abandonnant les techniques classiques de stérilisation thermique ou par irradiation, qui ont un impact direct sur le processus de création de la matrice extracellulaire, au profit de techniques plus adaptées telles que l'utilisation d'iode, de plasma gazeux, d'ultraviolets ou de lyophilisation. Pour incarner cette faisabilité, GoodMeat, par exemple, a déjà produit sa viande cultivée sans antibiotiques (et sans OGM), ainsi que Bio. Tech. Foods qui a annoncé que ses adipocytes étaient exempts d'antibiotiques.

Toutefois, une utilisation acceptable d'antibiotiques reste envisageable pour la culture de viande. Une possibilité acceptable par son usage, éventuel, suffisamment étriqué lors, seulement, de la phase de pré-production (voir schéma), pour l'isolement cellulaire et le développement de sa lignée. Permettant des quantités minuscules et des temps d'exposition assez court aux antibiotiques, contrairement aux volumes administrés et aux mois de vie de l'animal au contact répété d'antimicrobiens pour la viande conventionnelle. Même si la tendance montre clairement un emploi dénué d'antibiotique par la majorité des acteurs de la viande cultivée, leur recours, relativement en marge, reste, intrinsèquement, une éventualité à impact minime.

Hormones

La question des hormones est également cruciale. La consommation de viande conventionnelle induit l'ingestion d'un lot d'hormones présent naturellement dans le morceau d'animal abattu. Nous avons, plus haut, évoqué l'existence de facteurs de croissance dans les solutions nutritives de la viande cultivée. Ceux susceptible d'être les plus utilisés seraient les FGF2, IGF1, NRG1, PDGFB, EGF, TGFβ pour les facteurs de croissance, et l'albumine, la transferrine, l'insuline pour les protéines recombinantes.

Précisons leur portée en nous appuyant, par exemple, sur l'ontologie du FGF (Fibroblast Growth Factor). Protéines de signalisation produites par les Fibroblastes présents dans les tissus conjonctifs de n'importe quel morceau de viande conventionnelle. Leur durée de vie dans l'organisme est d'environ huit heures, et leur thermolabilité permet une forte baisse lors de la cuisson. De plus, ces éventuelles protéines restantes seraient dégradées lors de l'ingestion, par l'estomac. Cependant, ces facteurs de croissance ayant un coût financier non-négligeable, Andrew J. Stout et son équipe ont tout récemment publié leur premier essai concluant et prometteur de viande cultivée grâce à un principe de signalisation autocrinienne (par la conception de Immortalized Bovine Satellite Cells (iBSCs)), bypassant toute nécessité de FGF2.

De là, il est utile de rappeler que si les facteurs de croissance se situent dans les tissus de la viande (cultivée et conventionnelle), d'autres molécules produits par les glandes (pour le cas de la vache, par exemple), des hormones circulantes dans le sang pour influer sur le développement de différents tissus, ne se trouvent donc qu'exclusivement dans la viande traditionnelle.

Pour résumer, tous les éléments actuels, et les dernières avancées, semblent révéler que la viande cultivée commercialisée contiendra moins d'hormones que celle d'une vache nourrie à l'herbe.

Perspectives futures

Même si nos aspirations en la viande cultivée resteront indéfectiblement mus par ses intrinsèques considérations éthiques, comme moyen de lever les cruautés sans nom infligés au règne animal, nous ne pouvons occulter ses effets positifs sur notre actuelle aporie environnementale. Rien que pour la production de viande bovine, passer en viande cultivée (en utilisant de l'énergie décarbonnée) réduirait potentiellement son émission de gaz à effet de serre de 92%, nécessiterait jusqu'à 90% de terres en moins et demanderait 66% moins d'eau. Un autre non-négligeable effet de bord serait celui de faire diminuer significativement les risques de zoonose, que nous savons majoritairement liés à l'élevage intensif, car la viande cultivée ne requerrerait pas les folles concentrations d'animaux que nous connaissons.

Ce domaine naissant s'accompagne de son effervescence, de son flot de progrès qui avance à une vitesse vertigineuse, mais également de ces défis à relever, d'optimisations, d'accessibilité du produit et de pédagogie pour contrer les préjugés ou les fausses informations. Il est regrettable de constater la diffusion de publications sensationnalistes et délirantes sur les réseaux sociaux, affirmant sans vergogne que la culture cellulaire de viande repose sur des cellules cancéreuses, une absurdité sans nom et une manipulation grossière basée sur la déformation du concept d'immortalisation cellulaire. Heureusement, cette idée a été indéniablement réfutée, comme l'a démontré de manière éloquente Eliott Swartz, et soutenue par les conclusions des 23 experts internationaux de la FAO qui ont réaffirmé l'innocuité totale de la consommation de viande produite à partir de cellules initiales, comme les iBCSs, par exemple.

Mes camarades antispécistes critiqueront le prélèvement, son procédé et ce qu'il inclut, ne souhaitant aucune souffrance ou contrainte pour tout animal. Comme eux, mon espoir est de voir un monde adoptant majoritairement une alimentation végétale, or avant que cette utopie se produise (ou non) nécessitera du temps, beaucoup de temps. Dés lors, en attendant, je préfère voir quelques animaux biopsiés plutôt que de continuer à en condamner des millions, ou des milliards à la mort.

Les technophobes obstinés pourront s'opposer à la notion de "laboratoire", sans voir que cette révolution naissante a d'abord été explorée par de petites start-ups et laboratoires en tant qu'étape préliminaire. À mesure que la législation évolue en ce sens, ces technologies pourraient être adoptées pour une production industrielle ou être rendues accessibles à travers de petites exploitations agricoles ou d'autres structures locales.

Le point de bascule semble de plus en plus proche. Après Singapour, ce sont les Etats-unis qui délivrent les premières approbations, par la FAO et l'USDA, pour commercialiser de la viande cultivée. L'entreprise BelieverMeat, entre autre, s'est déjà déclaré prêt à en produire en quantité industrielle, sans antibiotiques, conservateurs ou colorants atificiels, tout en garantissant un prix abordable pour le consommateur.

Cela présage un avenir où la viande traditionnelle sera peu à peu abandonnée pour être remplacée par de la viande cultivée, offrant des sensations gustatives et des propriétés nutritionnelles identiques, et entraînant un changement civilisationnel plus éthique et plus écologique.

Pour aller plus loin

En février dernier, Loic rédigeait un court article sur la faculté d'écholocalisation utilisée par les chauve-souris et les dauphins (s'appuyant sur un tweet de Maximo).

Alors, je l'avais étonné en portant à sa connaissance que ce principe d'écholocalisation avait déjà était saisit depuis un moment par des non-voyants pour percevoir les obstacles.

Au delà la désacralisation de "supers pouvoirs", la question latente du biomimétisme y est centrale. "Regarder et apprendre" furent son enseignement par les indigènes et la forêt Amazonienne.

Sagesse que nous avons annihilée. Notre savoir doit renoué, respecté et s'harmoniser avec le vivant.

La douleur ne s'estompe jamais. Elle reste ancrée dans notre cœur et dans notre âme, chaque jour qui passe, chaque instant qui s'écoule. Aujourd'hui, nous commémorons les 108 ans du génocide arménien, un massacre perpétré contre notre peuple, notre culture, notre identité.

Je ne peux m'empêcher de penser à toutes ces vies brisées, à tous ces rêves anéantis, à tous ces êtres chers perdus. Comment peut-on oublier la terreur qui a régné dans les villes et villages arméniens, les déportations forcées vers des camps de la mort, les massacres brutaux, les viols, les tortures ? Comment peut-on ignorer la négation systématique de ces atrocités par les autorités turques, la complicité de nombreux pays qui ont préféré fermer les yeux, le silence assourdissant de la communauté internationale ?

Nous commémorons aujourd'hui cette tragédie pour ne jamais oublier, pour honorer la mémoire de nos ancêtres et pour rappeler au monde que justice n'a pas été rendue. Nous n'oublions pas que ce génocide a inspiré d'autres horreurs, d'autres violences perpétrées à travers le monde. Nous n'oublions pas que la haine, la xénophobie et le racisme ont encore cours aujourd'hui, menaçant à nouveau notre humanité commune. Alors, aujourd'hui, je rends hommage à tous ceux qui ont souffert, à tous ceux qui ont lutté pour notre survie, à tous ceux qui ont perdu la vie dans ce génocide.

Je prie pour que leurs âmes reposent en paix et pour que la justice soit enfin rendue.

Nous n'oublierons jamais.

Ayant investigué, à l'époque, le mécanisme de la MethHb par intoxication au nitrite d'isopropyl j'étais, inévitablement, conduit vers l'énorme travail de Valérian Reithinger sur le sujet.

Tout comme la CarboxyHb par intox au CO, la SpO2 donnant des valeurs normales, les GS sont requis. Or, en l'attente d'un Cobas CB221 ou autre, un petit test de MacGyver reste possible. Une astuce ingénieuse livrée lors de sa présentation, qu'il me semblait intéressant de vous transmettre ici.

En s'appuyant sur la coloration typique du sang lors d'une MethHbémie (marron chocolat): "On peut, à l'hôpital au lit du malade, faire barboter de l'oxygène pur dans le sang; celui-ci garde sa couleur. Lorsqu'on ne dispose pas de source d'oxygène, on peut prélever 1 ml de sang dans une seringue de 10 ml. On remplit le reste de la seringue avec de l'air. On obture et on secoue énergiquement pendant une minute. Si le sang garde sa couleur chocolat, il existe une méthémoglobinémie" (vu que l'O2 ne peut pas se fixer à cause de l'oxydation du Fe2+ en Fe3+)

Génialissime !

Ce billet est la copie de mon post FaceBook publié le 23 février 2023

En cette vaste bouffée délirante à ciel ouvert, où coexiste apparat et réalité, autolyse et survie, hubris et abnégation, nos sociétés semblent manifester les prémices de leurs obsolescences. Les temps sont cycliques, et les civilisations rompues laissent place à de nouvelles. Toutes les richesses que nous avons acquises, de connaissances, de créativités ou d'échanges, qui permirent d'assurer notre survie et un certain confort matériel, semblent révéler nos carences inavouées et leur terrible fuite en avant.

En fond, un courant enfle, une future révolution qui peu à peu, en réponse, à nous se propose: celle de la Conscience. Une évolution impliquant une refonte radicale de l'existant, faisant éclore une population considérant ses erreurs passées, ses mauvaises décisions, et repensant ses fondements par une réelle sagesse où la protection sine qua non du vivant serait omniprésente, où tous les règnes, Minéral, Végétal et Animal, seraient préservés de notre déraison, et de notre cruauté. Un collectif conscient de son hyposensibilité, de son hypoxie, de ses valeurs intrinsèquement humaines à retrouver, de sa structure sociétaire, de sa consommation et ses moyens de production à réviser en profondeur.

Partout, des initiatives en ce sens se déploient. Parmi elles, entre autres, celle de Loic Le Meur. Un entrepreneur français, pionnier du Web au début des années 2000, qui fut happé durant près de 5 ans en plein coeur de la forêt Amazonienne, à une singulière initiation à la médicina, cumulant intensément Dietas, Vision-Quests, cérémonies et autres savoirs ancestraux qui le transformèrent à jamais, par une conscience élargie et, in extenso, une haute sérénité. De retour, il fonda PAUA.life afin de relier, et non plus opposer, deux concepts majeurs “Ancient & future Technologies”:

“Nous avons l'opportunité de réintégrer les connaissances anciennes dans notre civilisation moderne pour créer un nouveau récit pour l'humanité qui offre une vision positive de l'avenir de notre civilisation. Paua est la création de connexions entre le monde matériel et les royaumes spirituels, tout en offrant une exploration dans un large gamme de connaissances anciennes. Paua explorera l'avenir du Web3, du metaverse et de l'IA ainsi que comment la conscience peut être la base fondamentale pour conduire des affaires, des applications et la transformation de soi. Nous offrons un espace aux personnes visant les mêmes esprits pour se réunir, pour rêver de notre avenir, pour activer leur but de vie et se rappeler de la responsabilité que nous avons en tant que gardiens de cette planète.”

Les drones, originaires du domaine militaire tombés dans le civil, ont commencé à prendre pied en certains secteurs. Dans l'audiovisuel, pour tous les plans aériens qui nécessitaient la mobilisation d'hélicoptères ou autres moyens importants, aujourd'hui ces drones s'y sont substitués comme solution moins coûteuse, infiniment plus pratique et, surtout, beaucoup plus écologique. Idem dans le secteur de l'expertise de bâtiments, où un entrepreneur comme Vincent s'est saisit de cette innovation pour fournir de précis diagnostiques immobiliers et topologiques, grâce à de petits et puissants aéronefs tenant dans quelques valises.

Outre quoi, ces avancées technologiques sont considérables, tout en réduisant nos impacts sur l'écosystème, leurs applications n'en sont qu'à leur début. En fevrier dernier sortait une publication de l'ERC évoquant les bénéfices majeurs des drones dans les soins d'urgences, par l'apport de matériel médical: DEA, anticonvulsivants, antihistaminiques, etc.

Vous le savez, durant près de 18ans j'ai été engagé en une activité de prompt secours, en qualité de secouriste puis de formateur. Mes ami.e.s, certains d'entre vous m'ont transmis ce savoir précieux, technique, théorique, pratique ou pédagogique. Pansant au mieux, à vos cotés, les giclées de sang, les os brisés, les malaises saturés et la détresse traversée, ainsi qu'en formant le grand public ou les futures flottes d'équipier.e.s, tandis que, parallèlement, ma formation professionnelle m'emmena à accéder aux plus grands services et laboratoires de la région (Hematologie-Hemostase, Neurovasc, Réa, etc.). Alors, comme vous, je sais les drames qu'un délai trop long dans une prise en charge peut engendrer, et comment les drones pourraient y pallier.

Ils pourraient même remodeler notre système médical actuel, permettant un maillage en des zones désertées ou inaccessibles, livrant un traitement ou matériel nécessaire sur place, mais également, on peut l'imaginer, transporter des échantillons biologiques pour analyse, ou bien déposer des Cogniscans, des EEG/ECG miniaturisés où il y aurait besoin.

Ce changement est à notre portée. Malgré ça, depuis 2014 nos sociétés l'ont ignoré, préférant orienter cet outils pour le contrôle de la population (cf. Chine), l'escalade militaire, la livraison de fastfood ou la livraison de commandes Amazon dont nous connaissons l'impact écologique délétère.

Toutefois, je suis convaincu que cette opportunité sera saisie. De part son accessibilité. J'ai vu plusieurs châssis de drones imprimés au Fablab Robert-Houdin, et avec quelle facilité un tel projet pouvait prendre forme. Et d'autre part, les appuis du secteur privé (similaire à PAUA) qui, par ses prises de conscience émergentes, désinvestiront le superflu et la nocivité pour alimenter d'autres directions plus alignées à un monde toujours plus conscient, lucide de ses conséquences, de ses choix et ses défis.

A mes ami.e.s...

Notre civilisation c'est édifiée sur une succession de révolutions: cognitive, de sédentarisation, industrielle puis numérique. Le développement de cette dernière se lova, conjointement, à celui de notre génération. Nous qui, la dizaine d'années fraîchement passée, codions nos premières lignes de Pascal sur nos Amstrad1512, qui fûmes témoins direct de la loi de Moore par la croissance, exponentielle, de la capacité des processeurs que nous usions, 486DX, P100, 133, PII, PIII, ainsi que tout ceux qui suivirent, et, plus que tout, qui vîmes se déployer sous nos pieds un nouveau continent étendu à l'infini, vierge de toute emprise et de toute hypoxie, nous entrevoyions, par sa colossale force de frappe computationnelle et connective, la profonde évolution que le réseau des réseaux allait enfanter, et ainsi remodeler l'existant comme jamais.

Luttes

Dans un ultime réflexe de survie, l'ancien monde en décomposition devant nous se dressa, et lâcha sa horde affamée sur notre utopie fraîchement bâtie. Omniprésent en tout lieu médiatique, vociférant à l'envie les pires sophismes comme vérité irréfutable, ces êtres évidés aimaient comparer notre espace de liberté, d'échange inconditionnel et d'humanité à un infâme far-west, où les pires perversions seraient norme, où l'immondice serait promu et, où chaque millimètre de cet éther serait l'expression de tous les dangers. Inévitablement, une lutte s'amorça. Ils tentèrent de contrôler la connexion de tous, afin de contrer le flux de contenus copyrightés qui, sur la toile, non pas se raréfiaient mais se décuplaient invariablement, plutôt que d'oeuvrer à une licence globale prise en charge par l'Etat permettant un levier culturel français sans précédent. Sous couvert de vouloir combattre la pédocriminalité et le terrorisme, ils cherchèrent à établir une surveillance de masse plutôt que de renforcer les cellules gouvernementales qui, par un suivi ciblé, bataillent quotidiennement à ce noble sacerdoce. Non, les priorités de ce monde dépassé ne furent jamais d'accompagner l'élaboration de cet endroit intrinsèquement démocratique et horizontal, mais bien de l'annihiler.

Dépossession

Avec le temps, la toile se densifia, se structura et constamment se développa. De nouveaux usages, d'inattendues tendances et de fraîches optimisations aménagèrent le virtuel. Nos années de lycées furent l'incarnation de Hackers et Seconde B mêlées. Le soir venu, notre salon IRC restait une extension de nos espaces conversationnels, de notre brasserie habituelle, du self de notre bahut ou de la cour de récréation. Chacun de nous hébergeait son serveur FTP, permettant de glaner ou de céder, chez les uns et les autres, quelques pépites nouvelles ou d'originaux agencements. L'étayage d'un tel lacis numérique s'opéra par un savoir technique que, progressivement, nous amassions de façon autodidacte, par nécessité, sans aucune prétention. Peu à peu, la société entière se saisit de cette révolution, et initia à une refonte complète, se délestant de la technophilie pour un frontispice, un visuel indéniablement plus accessible pour tout profane, par la floraison massive de blogs, de podcasts, forums et autres. Par ses pionniers, plusieurs lignes semblaient se dégager. A travers les événements, conférences et interviews, ces figures tel que Loic Lemeur, Richard Stallman, Benjamin Bayart ou Tristan Nitot exposaient leurs visions, des plus libérales aux plus collectivistes. Pourtant, d'autres courants de fond semblaient déjà être actés.

Parallèlement où une fièvre enflamma les esprits: La “révolution Start-up”, qui promptement s'effondra sous son propre poids et sa substantielle démesure, nous vîmes la pluralité se faire entièrement absorber par un colossal monopole. L'exemple le plus flagrant étant nos habituels moteurs de recherche, tel que Lycos, Altavista et d'autres, broyés à jamais par un Google devenu Gold Standard en son domaine.

Putréfaction

Ils ne sont, encore aujourd'hui, qu'une poignée de multinationales à se partager le Web. Tout autres espaces aux alentours furent dépeuplés, asséchés, puis phagocytés. La navigation en cette immensité réduite, tristement, à l'unique port quatre-vingt et quelques plateformes limitantes.

Nous vîmes leur attraction aspirer la masse, par la facilité et l'illusion. Ils devinrent d'incontournables extensions à notre réel. Facebook, Twitter, Youtube, depuis, devenus une de nos reliances humaines, notre agora et notre corps social.

Puis, subitement, ce reflet de notre réalité vit émerger ses monstres. Une ruée abominable de Trolls, Bots, vils officines et sombres groupuscules enflait en nos espaces, de façon démultipliée, jusqu'à sa saturation. Avec eux, la pourriture prit pied, la haine, la moquerie, le jugement et l'inhumanité infectèrent, sans aucune retenu, tout échanges, toutes bienveillances, toutes bienséances, toutes beautés et tout espoirs tissés.

A ces omniprésentes vasières, s'y greffa le délire de l'égo. Porté au nu par d'immodestes influenceurs.ses, un culte de l'apparat emplie de fausseté et de vide qui inonda les esprits, nos références puis, la société. La perception d'un réel lissé, estropié de tout relief, par l'ajustement de filtres successifs, où même les concepts, les termes et les idées furent travesties.

Initialement, était désigné.e de Geek chaque marginalisé.e cumulant une obsession dévorante pour la technologie, l'informatique et l'électronique, une vie sociale de no-life coupée de tout public, ainsi qu'une soif insatiable à comprendre, désassembler, réagencer, détourner, hacker, disséquer et réinventer non-stop le software, le hardware ou tout sujet observé. Amputé de ce sacerdoce et cette expertise, depuis ce qualificatif s'est vu enorgueilli à la merci de tristes personnages étrangers à quelconque code ou fer à souder, dont l'unique talent réside en l'accumulation immodérée et astronomique de figurines ou tout autres gadgets laissés sous emballage, et fièrement étalés.

Une à une, nous avons sentis les richesses s'échapper: La diversité, la créativité et la liberté se sont vu avaler, uniformiser, néo-capitaliser et, plus que tout, centraliser. La seule raison de ces quelques lignes, que je vous devais, mes ami.e.s, était de vous livrer mes convictions sur la nature de ces lieux asphyxiés.

Souveraineté numérique

A cette longue nécessaire mise en abîme se succèdent d'évidentes considérations. Comment, alors que tous avions déployé nos parcelles personnelles (sites, blogs, podcasts, etc.) chez des hébergeurs que nous connaissions ou auto-hébergé, que nous avions appris à bâtir et mettre en forme nos univers de A à Z, oui, comment en est-on arrivé à délaisser ce contrôle et cette précieuse indépendance pour quelques plateformes privées aux valeurs éthiques, que nous savons, relatives ?

La facilité, surement. Une bascule qui permit aux GAFAM de rafler, en leurs filets, l'Humanité. Or, cette simplification n'était pas du clef-en-main, mais du pré-mâché. Car, il n'est question, finalement, que de renseigner quelques champs par nos contenus personnels en des cadres pré-établis, limités par ces structures et leurs intérêts. Mais de cette accessibilité et une fausse gratuité jaillit le danger que personne n'accepte de voir: l'infini pouvoir cédé. Le poids de ces réseaux sociaux, plateformes de vente en ligne et autres systèmes est tel qu'il ne fait pas d'eux de simples carrefours, mais d'irrépressibles points névralgiques, des centres si magnétiques qu'ils en courbèrent la toile jusqu'à sa minitelisation. Leurs fleuves et leurs montagnes de DATAs emmagasinées sont vertigineux.

“M'en fout, moi j'ai rien à cacher” me répondrez-vous. Bien, mais en êtes-vous si sûr ? Faisant volontairement fi de la notion d'intimité, nous pouvons toutefois entrevoir un potentiel risque totalitaire. Imaginez, sans même parler de dictature, que nos gouvernants, pour quelconques raisons, opèrent un glissement politique faisant passer le principe de sécurité au-dessus de nos libertés. Dès lors, pensez aux outils de surveillance possiblement mis en place, géolocalisation, reconnaissance faciale qui pourrait se coupler aux comptes Facebook, Twitter, Instagram ou Youtube de la population, devenant bien pire qu'une dystopie, un enfer. Afin de jauger le pouls de ce genre d'éventualité, les combats de la Quadrature du Net sont une référence.

Mes espoirs, mes cher.e.s ami.e.s, vous les connaissez déjà, je ne vous les ai que trop exagérément radotés. Nos réseaux sociaux, ainsi que tout autres outils de communication, devraient inconditionnellement être ouverts et décentralisés. Chaque groupe, communauté et individu devrait pouvoir déployer sa propre instance. Comprenez, la contagion actuelle de censure politique ou personnel de ces canaux est intrinsèque à l'architecture de ces mastodontes. Idem pour ce qui est de nos échanges privés, nous devrions systématiquement les crypter.

A vous donc, mes ami.e.s utilisant tout comme moi Facebook, Twitter & Co., cet article n'est voué qu'à vous armer d'un cheminement et d'une conviction. Car la période actuelle laisse entrevoir certaines évolutions. Déjà, une forme de contournement. Sur Discord, l'on vit fleurir un nombre croissant de serveurs aux thèmes étrangers (Politique, développement personnel, etc.) à sa vocation initiale, le gaming. Ensuite, les prises de conscience. Par réactions aux changements de politiques radicales de ces quelques groupes, nous fumes témoins de la masse d'utilisateurs migrants vers des solutions plus “démocratiques”. La polémique WhatApp qui fit migrer beaucoup d'utilisateurs se sentant trahis vers Signal ou Telegram. Ou, le récent rachat de Twitter qui fit opérer une colossale migration d'un pan complet de ses utilisateurs vers Mastodon.

Toutefois, entendons-nous bien, nulle question ici de confondre le secteur privé, ses innovations et les solutions structurelles qu'il puisse livrer, mais bien de s'opposer à toutes dérives et toutes toute-puissances. Devenant empires, sans éthique ni humanité, ces léviathans devraient naturellement être retrocédés au collectif.

Google Wave fut, à mes yeux, un excellent exemple d'initiative incarnant un sain équilibre entre structure privé et pouvoir personnel de ses utilisateurs. Car, en plus d'avoir été un très bon réseau social, son code source laissé libre permettait à quiconque de pouvoir installer son instance personnelle.

Alors, mes cher.e.s ami.e.s, je terminerais ce post sur une espérance. Tandis que, par ses agglomérats d'oligopoles en roue libre, le web commence à montrer ses limites et sa fin, une nouvelle bouffée d'oxygéne commence à s'imposer. Cette prochaine évolution, inespérée et inévitable, refondra l'existant sans précédent. Comme un serpent faisant peau neuve, le Web 3.0 sera fondamentalement décentralisé, crypté et horizontal. Reposant sur les principes de blockchains, il permettra par ses fondations de laisser place à l'échange et le partage beaucoup plus librement. Rajoutez-lui les couches de crypto-monnaies, d'intelligence artificielle et vous aurez l'écosystème possible de ce 21éme siécle. La question restante est, que ferons-nous de ce inestimable dessein ? Et, surtout, avec cette précieuse opportunité, est-on encore capable de garder notre pouvoir personnel sans l'abandonner à des entités assoiffés de données personnelles?

“Internet perdait peu à peu son statut de fenêtre sur le monde pour devenir un outils de contrôle. Une nouvelle économie naissait. Nous en serions la matière première. Le nouveau monde bousculait tout: nos échanges, nos droits, notre vie privée. Préserver sa vie privée à l'ère de l'exposition de soi est un acte révolutionnaire…” Satoshi - Inventeur du Bitcoin

Pour aller plus loin

L'appropriation de connaissances, qu'au fil de notre existence nous amassons, fait partie d'un des processus clef à nos conditions terrestres. Plus ou moins conscientisé, le choix de l'outil pour cette tâche est infléchie par les affinités de chacun : Enregistrement audio, prise de notes papier ou numérique. Différents supports permettant d'y recueillir, défraîchir, synthétiser et s'accaparer des cours, des formations effectuées, ses lectures, des idées, des créations d'articles, ou autres savoirs qui traversent nos vies professionnelles ou personnelles.

Obsidian

Ces dernières années ont vu émerger un concept, sortant du lot par son optimisation et le potentiel qu'il promet: Le “second cerveau”.

Biensur, il est nullement ici question de considération intestinale mais plutôt d'analyse, de collecte d'informations, d'agencement et de liaisons entre ces dernières. Le principe original de cet outils est d'édifier un immuable espace de stockage capable d'organiser les données engrangées optimalement et, surtout, de permettre des interconnections entre elles, tout comme le cortex pourrait les traiter. Initialement conçu au format papier, cet instrument sur feuillets fut supplanté par l'arrivée de sa forme numérique. Par leur popularité, deux logiciels sortes du lot: Notion et Obsidian. Il sera donc, ici, question de vous exposer différents éléments sur ce dernier, à l'unique raison que je l'utilise.

Il y a quelques mois maintenant, l'idée fut de dénicher un outils me permettant de rassembler la masse de fiches de lecture étalées sur différents supports, de trouver un endroit où stocker les synthèses de la formation que j'allais commencer, d'un espace pour écrire mes articles et autres notes. Alors Obsidian sonnait comme une évidence.

Plusieurs avantages me l'ont fait adopter. Le premier point positif est que, contrairement à tous les outils online stockés sur des clouds GAFAM posant des soucis majeurs de confidentialités et de vulnérabilités, sur Obsidian tout est stocké sur le disque dur, permettant de conserver tout le contenu, par exemple, sur son BCKUP(ce que j'ai fait). Ensuite, le langage utilisé pour ces fichiers texte est Markdown, avec la simplicité et la compatibilité qu'on lui connait. De plus, ce choix de langage étant le même que pour VenC, il est donc faisable directement d'exporter vos articles rédigés sur votre blog. Enfin, le fait que le coffre (contenant de vos notes) soit un simple répertoire, offre une complète liberté afin de modeler à sa guise la structure de cet espace.

L'autre fonction caractéristique, mimant la structure neuronale, est l'établissement de rétroliens entre éléments communs aux différents articles. Permettant de proposer graphiquement une carte de toutes les connexions forgées entre les notes. Le visuel de l'ensemble de ces liens servant au constat de certaines liaisons insoupçonnées et, ainsi, participant directement à la conscientisation de nouveaux concepts.

Nouveau pharmakon

Depuis la révolution cognitive notre espèce s'est, pour le pire et le meilleur, munit d'outils matériels démultipliant sa survie et son confort. Par le déploiement de l'agriculture, la sédentarisation, l'industrie puis le numérique, notre qualité de vie fut enrichie par cette surabondance d'artifices que nous avons, en notre quotidien, pleinement fait notre.

Comme tout pharmakon ces exosomatisations renferment leurs bénéfices indiscutables mais également de non-négligeables travers. Nos smartphones, internet, les traitements médicamenteux, nos véhicules et tout le reste semble si évidement ancrés à nos vies, devenant, comme, des excroissances de nos corps et nos esprits. L'exemple-type est celui du correcteur orthographe intégré à l'interface de nos mails et autres messageries. Quand il est nécessaire de rédiger un message sans ce service, une hausse significative de dysorthographie se révèle, et nous permet de conscientiser à quel point le transfert involontaire d'une part de nos compétences peut s'opérer, par l'appui et l'aisance de cette aide factice que nous avons adopté.

Il est fort probable qu'un “second cerveau” n'échapperait pas à ce genre de biais. Tout comme Socrate indiquait sa crainte d'observer, par l'arrivée de l'écriture, une perte de mémorisation en une civilisation où la tradition orale fut clef, de nos jours l'externalité de nos idées et nos savoirs stockés numériquement avec sa fonction automatique de liaisons pourrait-elle amoindrir nos facultés synaptiques à établir de nouveaux assemblages? Je ne le penses pas. Même si je n'ai que quelques mois de recule sur l'outils, je ne peux que témoigner de l'aspect très stimulant d'Obsidian, sa simplicité, sa puissance et sa polyvalence, ainsi que, plus que tout, les nouvelles pistes qu'il propose.

Limites

Comme pour un Bujo, un “second cerveau” permet de partir d'un espace complètement vierge pour construire de A à Z sa structure, son organisation et son contenu. Pour ça, modeler soi-même, selon ses besoins personnels, sans réelles limites, ce genre d'assistant qui, quotidiennement, va nous accompagner est inégalable.

Alors, Obsidian, aucun point négatif ? A mes yeux pas vraiment. Le seul que je voudrais, toutefois, mettre en avant ici, est sa licence. En effet, même si actuellement Obsidian est utilisable librement (sauf la sync qui est payante), il n'est pas open source. Donc, à tout moment ses créateurs peuvent décider d'en conditionner l'accès. C'est là que des solutions comme Logseq, Zotero, Zettlr, entre autres qui, étant libres, peuvent s'y substituer. Je ne peux m'engager sur leur efficience et la complétude de leurs fonctionnalités car je n'ai pris connaissance de leur existence qu'à posteriori. Toutefois, j'imagine que la migration devrait pouvoir s'effectuer sans grande difficultés, car le contenu de ce “second cerveau” ne se résume qu'à de simples fichiers Markdown.

Pour aller plus loin

Depuis, les SHC ont été ponctuellement échelonnés, au compte-gouttes, par parcimonie, presque homéopathiques. Certaines à des moments particuliers, d'autres non. Une dernière en date, lors d'une période à l'air chargé, presque électrique, par la convergence d‘une configuration lunaire particulière et un moment politique clef pour notre pays, l'élection présidentielle, où la tension, la possible bascule, le proche changement, le colossal espoir du collectif, en ses égrégores si alimentés, fut suffisamment singulière pour vous la partager.

La journée fut dense, son planning compressé. Optimisé à l'extrême, j'étais satisfait d'avoir réussi à faire coïncider mon running, son parcours et son horaire, avec le RDV papotage fixé par une amie au parc situé à quelques kilomètres de chez moi. Après cette brève discussion autour du lac, je repris ma course, pris une douche et repartis à mes dernières tâches.

Après que le couperet des résultats électoraux du premier tours ne tombent, et que nous éternisions les conversations sur la toile avec les ami.e.s, la nuit m'imposait un repos bien mérité. Juste avant de tomber dans les bras de Morphée je décidais de l'accompagner d'un son binaural de Gaïa Méditation, que j'avais gardé sous le coude pour test. Ma surprise fut grande, de constater avec quelle facilité, par ce beat, une SHC m'était aisée d'effectuer. Cette sensation reste toujours aussi singulière, le moment précis de quitter le corps, comme un gant que l'on enlève, semblant presque banal mais toujours aussi fort. Bref, le soucis fut que, tout aussi rapidement, je constatais que ma charge éthérique était suffisamment titanesque pour m'empêcher d'entrevoir correctement mon environnement, et encore plus de pouvoir m'éloigner de la pièce. Acceptant cette fatalité, je décidais de profiter de cette aisance de décorporation pour réintégrer mon corps et effectuer une nouvelle tentative. Ethériquement beaucoup moins chargé, j'arrivais à me déplacer plus librement et surtout, en forçant suffisamment, à ouvrir ma vision comme jamais. Regardant par la fenêtre, constatant que mon environnement est aussi visible qu'en plein jour, je décide de faire un essai: passer à travers la fenêtre. Sachant qu'elle donne sur la rue, et qu'elle est positionnée plus haute d'environ un mètre cinquante du trottoir. Contrairement à mes croyances, sa traversée s'effectua sans filtre, sans résistance, avec une facilité déconcertante. Mais le plus décontenançant fut le moment qui suivi, où je restais en suspension dans les airs, alors que je redescendais aussi doucement qu'avec une gravité lunaire, pour atterrir, aussi délicatement qu'une plume, en plein milieu de la route déserte. Et là, je buguais à l'extrême au fait de n'avoir ressenti aucun impact, aucun contact, aucun échange de cet atterrissage avec le bitume.

Par une creuse habitude, reflet d'un conditionnement ancré, je rejoins le trottoir. De là, je décide de remonter ma rue, et contempler sa différence avec la réalité matriciel. Pas de grands changements, à part l'atmosphère et les végétaux plus majestueux et parlant. A y regarder de plus près, je me rends compte que, finalement, mes déplacements n'ont aucune interaction avec le sol (phénomène dont je n'avais prêté autant d'attention jusqu'à là). Comme si le sol était une limite sans fondement physique et qui ne me touche pas, comme si je flottais dessus au plus près (enfin, vous comprendrez toute ma difficulté à définir facilement et complètement cette bizarrerie).

En mode touriste astral dans ma rue, je contemple les différences comme un subtil jeu des 7 erreurs, quand un truc gigantesque s'impose à moi. En plein cœur d'un lotissement, à même pas 200m de là, un monstrueux geyser de toutes les couleurs jaillit de façon continu, un peu comme une énorme colonne d'eau, un méga feu d'artifice sans fin, une fontaine verticale d'une puissance folle, une bouche d'incendie ouverte au max. Ses couleurs sont vives, luminescentes et débordantes d'énergie. Je modifie ma balade afin de me diriger lentement vers ce truc démentiel, et plus je m'y rapproche plus je peux sentir sa conscience (un peu comme la grille vu dans AS#1). De ce torrent, une quantité importante retombe vers le sol et inonde, de cet arc-en-ciel, tous les alentours. Malgré ma prudence un filet vient éclabousser le flanc droit de mon corps astral. Pourtant, même en essayant d'essuyé ces salissure multicolore, rien n'y fait, ça reste imprégné comme une tache de ketchup ou de moutarde. Affublé de ses rayonnantes couleurs, j'ai l'impression d'être une lampe sur pattes. Enfin, une fois réincorporé, je ne peux m'empêcher de penser que cette fontaine était peut-être, finalement, une cheminée Tellurique. Idée à valider et à creuser.

Lors d'un précédent article votre humble serviteur porté à votre connaissance un futur danger qui, inévitablement, percutera notre société : l'antibiorésistance. Ce fléau gangrenant et rongeant progressivement, une à une, nos armes thérapeutiques, nous confrontera ainsi, en un avenir relativement proche, à l'emportement nûment d'un pan complet de notre espèce, Sapiens, par de courantes infections bactériennes.

A l'émergence de cet enjeux, une lutte s'est engagée, et de nouveaux stratèges ont vu le jour. L'outil dans lequel la recherche bactériologique s'est investit fut les bactériophages, des organismes capable de phagocyter (ingérer et dissoudre) ces bactéries résistances.

Nous concluions précédemment à l'hypothèse d'une possible phagoresistance de ces entités. Le phénomène ne serait pas nouveau.

La phagoresistance

De façon générale, cette résistance peut s'exprimer par différentes voies. Une première possibilité est d'empêcher les PNN ou les phagocytes de se diriger vers ces bactéries. Une autre est de tout opérer pour que les macrophages ne se collent pas à elles, en jouant de leurs configurations propres (capsules, pili, etc.). Ensuite, même si la fixation est effectuée, il reste possible à certaines bactéries d'échapper purement et simplement à l'ingestion, c'est le cas par exemple de N. gonorroeae. Enfin, un ultime champs d'actions pour ces bacilles ou coccis est de, une fois ingérés, résister à la phagocytose et croître au sein du phage.

Le cas du Pyo

Quiconque fut, quotidiennement, formé à l'identification bactérienne s'est déjà vu, au moins une fois, braver les interdits afin de sentir le parfum si particulièrement floral des colonies du Pyo (P. aeruginosa) sur GN. C'est précisément autour de ce bacille et ses particularités qu'une étude fut publiée dans la revue PLO Pathogens. Ses auteurs démontrèrent la capacité singulière du Pyo à, une fois phagocyté par un macrophage, lyser ce dernier. Ils exposèrent un des mécanismes principaux de cette cytotoxicité : l'interférence en l'expression du système de sécrétion de type 3 (T3SS) et son effecteur ExoS.

Homéostasie et environnement

De toutes ces esquives il faut en entrevoir leur raison: une nécessité à s'adapter. Tout élément vivant est mû, intrinsèquement, d'une profonde résilience, lui permettant de se soustraire aux contraintes extérieures qui le menacerait.

Dans un précédent article nous avions mis en avant que, contrairement à certains préjugés dualistes, les bactéries ont un rôle essentiel à notre organisme. Par exemple, le microbiote intestinal. Lieu grouillant de bactéries s'affairant à l'assimilation des nutriments (vitamines, AA, acide gras, etc.) essentiels au bon fonctionnement de notre corps. L'équilibre si précieux de cette populace s'opère par des voies et des processus si subtiles, si délicats, qu'il pourrait mettre factuellement en PLS le meilleur horloger Suisse. Un appui et une complicité mutuels, pourtant si contre-intuitive, de ces protistes anaérobies et aérobies, et leur encadrement par le système immunitaire, lui-même poussé par ce même écosystème microbien si nécessaire. Or, cette harmonie si malléable et résiliente reste fragile. Il a été démontré qu'en cas d'infection à T.gondii la production de Lc T CD4+ spécifiques, capable d'engendrer des IFN-y, avec des propriétés identiques aux Lc Th1 (sous-population des T), faisait naître une réponse immunitaire incapable de différencier les antigènes commensaux ou pathogènes, avec tous les dégâts que cela comporte.

Afin de mieux appréhender les différents processus de la phagoresistance une équipe du CNRS a démontré que l'environnement semble être un facteur clef. Étudiant les réactions d'E.coli face aux bactériophages in vivo (intestin) et in vitro (culture), ils ont pu révéler que certaines modulations de l'expression génétique des bactéries, permettant de feinter leurs régulateurs, étaient beaucoup moins marquées en culture qu'en milieu naturel. Laissant entrevoir, une fois de plus, la colossale capacité d'adaptation du monde bactérien.

Don't look up

Aveuglée par son inconscience notre société, dites “hyper-évoluée”, n'a eu de cesse que d'éterniser, à l'infini, une fuite en avant sans but ni fin qui, plus que jamais, nous précipite à l'abîme. Dans ce colossal maelstrom, nous l'avons vu, l'antibioresistance tient et continuera de tenir sa place. Une adaptation bactérienne qui a échappé aux antibiotiques, aux phages et, sûrement, aux futures autres inhibiteurs que nous déploierons afin de contrer la lignée de conséquences que, successivement, notre civilisation a, elle-même, brillamment enfanté.

De ce collier d'anomies il faut en entrevoir sa raison profonde, la dénégation. Celle-là même qui nous pousse à fuir en des solutions d'encadrements bactériens toujours plus asphyxiantes, plutôt que de remettre en cause les racines de cette antibioresistance, notre exposition quotidienne aux antibiotiques (élevages intensifs, pesticide phytopharmaceutiques, adjuvants alimentaires, etc.), qui nécessiterait de totalement remodeler notre socle sociétaire. Afin d'éviter cette remise en question nous avons fait le choix de nous lover en une incurie court-termiste, mû par le profit et le maintient de cette aporie, qui sera inévitablement notre achévement. Ce déni inconscient est au cœur de notre société, fiché à tous les piliers porteurs de notre système, l'énergie, l'économie, l'environnement, la santé, etc. Don't Look Up n'était pas une fiction, il est, en réalité, un de nos mythes fondateurs. Car, au fond de nous, nous le savons, tous ces démons, que nous avons rejeté à l'obscurité plutôt que les éclairer, seront les gardiens de nos limbes.

Avant-hier, au détour d'une discussion avec Eric et Emeline, émergea un souvenir de lycée, que je souhaitais ici également vous confier: mon accès, par voisin de classe interposé, à un collectif secret et occulte. Alors que l'angoisse du bug de l'an 2000 avait gagné tous les esprits, un autre épiphénomène dissimulé se déployait à notre hexagone: la FLNJ (Front de Libération des Nains de Jardin).

Depuis quelques jours, mon habituel voisin de table semblait éreinté. Après de longues négociations, lui assurant mon silence, il finit par m'exposer son appartenance à la FNLJ, me délivrant ainsi tous ses rouages profonds: le repérage, la saisie des nains, nécessitant en amont l'étayage complexe d'une stratégie, d'un plan B, voir C, puis de leur libération en forêt.

Un matin, avachi sur son dessin tech, il me confia, emplie de joie: "hier soir, on en a libéré cinq". D'autres mâtinés, arrivé en des états déplorables, où il profita des premiers cours de la journée pour, par somnolence, récupérer d'expéditions nocturnes beaucoup plus sportives, par leurs interminables poursuites de colossales Bergers-Allemands.

Ce mouvement qui, nationalement, naquit en 1996 à Alençon contamina les quatre coins de notre pays, jusqu'à ce que, avec les années, mon voisin et quelques-uns de ses amis se décident d'embrasser cette cause et en constituer leur petite cellule à l'échelle communale. Avec le temps, le phénomène prit une importance, par le nombres de libérations croissantes, tel qu'il poussa les policiers municipaux à œuvrer contre cette lutte, et nécessita pour les libérateurs plus de vigilance.

En plein cœur de cette guerre froide, certains torchons torpillèrent ce mouvement et son folklore, en incriminant et réduisant ses agissements au simple délit de vol, tentant de gangrener les esprits, faisant passer ces joyeux lurons pacifistes pour de dangereux terroristes.

Pourtant, imputer quelconques traits de délinquance à mon voisin de classe et sa petite poignée de camarades, serait au mieux de l'incompréhension, au pire une pure forfaiture.

Chaque nuit, tous les écueils bravés, afin de rendre la liberté au maximum de nains en pleine forêt, alors que les lampes frontales n'existaient pas encore, armés, uniquement, d'ingrolables torches électriques Mazda, et de mobylettes Peugeot 103SP trafiquées avec pots Ninja. A chaque exfiltration de nains, était laissé un mot disant, en substance: "Nous avons libéré vos nains, ils sont actuellement en forêt[lieu exact]. Signé FLNJ". Le constat fait, qu'il n'y avait nulle volonté de nuire, mais uniquement s'adonner, humainement, à un jeu. Les mots "Sans armes, ni violence, ni haine", auraient pu y figurer (chacun aura la ref)

Réduire cette action au vol, c'est masquer volontairement toute la portée hautement symbolique qui se jouait: la libération d'êtres en captivité. Jeu, complicité humaine et humour que notre société a su annihiler. En 2006, la fin des activités de la FLNJ, laissant derrière elle quelques émissions radio, articles et témoignages comme le mien. Témoignage permit par ce voisin de classe qui me livra, nûment, toute la mécanique interne de ses quelques semaines en cette mouvance.

Merci à lui,

Liberez-Les Tous...