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 <title>Les Connexions au Vivant </title>
    <subtitle>Blog de Sidoine B.</subtitle>
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 <updated>2026-04-29T21:12:22Z</updated>
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   <name>Sidoine B.</name>
   <email>sidoineb 47 gmail D07 com</email>
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   <title>Explorer un autre Monde</title>
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   <updated>2026-04-22T21:57:00Z</updated>
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       <div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong>Disclaimer:</strong> <em>Que le lecteur, s’il ose franchir ce seuil, sache que ces pages ne sont ni un éloge, ni une incitation, mais le simple récit d’une expérience intime, trace d’un cheminement où la curiosité se love à la prudence.<br />
Les substances évoquées ici, bien que porteuses de promesses dans les arcanes de la science moderne, restent, aux yeux de la loi française et de bien des nations, des ombres interdites.<br />
Leur usage, hors cadre légal et médical, expose à des périls aussi réels que méconnus : tourments de l’esprit, désordres du corps, ou chutes plus sournoises encore.<br />
Ce témoignage, né d’une quête personnelle de connaissance et de réduction des risques, ne saurait se substituer au jugement éclairé d’un professionnel de santé.</em></p>
<p>Nos esprits, ainsi que nos vies, dessinent des labyrinthes sans fin. En leurs murs, des entités, éthérées ou incarnées, hantent ces lieux. Parmi eux, perçant ces corridors embrumés, le Minotaure demeure le gardien de ce dédale sombre et froid. Son ontologie est celle d'une cristallisation pure de nos peurs, nos plus insupportables lâchetés, nos colères et nos plus intimes désirs refoulés, que nous nous efforçons de fuir, de ne jamais rencontrer.
Malgré tout, certaines plantes ancestrales, que Terence McKenna nomma "La nourriture des Dieux", permettent de défaire toutes chaînes, toutes illusions, de briser un à un les remparts de ces sinistres catacombes sans issue. Confié par une Terre-Mère aimante, pourtant, nos sociétés n'ont eu de cesse que de piller et criminaliser cette nouvelle terre, ces tsunami de liberté.</p>
<p>Nous étions le lendemain de Noel, il était treize heure, et je venais de prendre 2,4g de Psilocybe cubensis PES Amazonian couplé à une dizaine de fèves de cacao. Jusqu'alors, mes seances "macro" n'avaient révélé que des introspections, des sensations de bien-être et de l'hypnagogie mêlées. Là, ma détermination bouillonnante fut de dépasser cet état, et poser clairement l'intention de voir, de mes yeux, les mondes psychédéliques. Pour ça, une dose un peu plus élevée qu'à l'habitude associée au cacao fut, pour moi, une première.</p>
<p>Tout le Set &amp; Setting était respecté: Sauge Blanche, encens, musique douce en fond et autres petits rituels de respect pour cette médecine sacrée furent initiés. Mais, avant de m'installer en position méditative, pensant que j'avais trente minutes devant moi avant de voir arriver les premiers effets, je m'installais devant mon PC et essayais de debugger le thème de VenC pour mon projet de site de curation. Or, moins de quinze minutes plus tard un inhabituel et démentiel cyclone me saisi, et m'happa en son centre. Rien de comparable, cette montée était brutale et vertigineuse. Elle n'épousait aucune droite progressive, mais bien une folle et infinie exponentielle échappant à tout contrôle. Tout mon corps tremblait, non pas pour des considérations pré-convulsives mais parce que son métabolisme affrontait un choc extrême. Je sentais mon flux sanguin, constamment, se déstructurer, s'adapter puis se remodeler. Une sensation de malaise abyssal était omniprésente, dans mon esprit et dans toutes les cellules de mon corps. Un trouble si puissant, si singulier qu'il me faisait ressentir jusqu'au plus profond de mes tripes une glaçante impression de rupture imminente. Même si l'immense fatigue m'intimait l'ordre de m'allonger, j'en étais incapable, tellement l'inconfort saturait toute position, chaque centimètre carré, chaque seconde. Cet insoutenable mal-être m'écartelait de l’intérieur. Le TripKiller et la quantité massive de sucre en poudre ingérés n'avaient aucune action. Rien, strictement rien ne pouvait infléchir ce bulldozer lancé à la vitesse d'un TGV. Le cacao shuntait tout, et ouvrait une voie directe et inoxydable à la déversée colossale de Psilocine en toutes les cellules de mon corps. Brisés en quelques secondes, ces derniers mousquetons de sécurité étaient les maigres armes sensées me protéger de ces infernales limbes.</p>
<p>Alors que, peu à peu, je me sentais, fatalement, sombrer en ce trou noir qui condamne quiconque franchit son horizon, je sentis une main douce et ferme m'extraire de cette tragique vasière, telle une intervention céleste qui, à elle seule, dissipe toute chimère, fait céder les plus sombres ténèbres. Zoë, à plus de huit cent kilomètres de distance, posa les mots simples et justes qui court-circuitérent instantanément cette terreur bouclée. Je ressentais en chacun d'eux un baume, un puissant souffle qui balaya la peur, l'emprisonnement, l'angoisse et l'enfer qui m'étaient, pour des heures, destinés. Sa voix, nûment, venait de me sauver, de me permettre de retrouver la paix, la sérénité et d'entrevoir comment la surprise et l'affolement m'avaient laissé enfanter de si horribles et froides engeances.</p>
<p>Un impérieux conseil résonnait comme un appel de l'âme : sortir le plus vite possible, pour urgemment défocus, de nouveau respirer et trouver un îlot de quiétude verdoyant. Le vernis sombre de ma porte d'entrée, la peinture noire de sa quincaillerie et la manche de mon blouson noir firent qu'au moment où ma main se posait sur la poignée, l’atmosphère basculait en un glauque et obscur théâtre, où les assombrissements prirent une force obsidienne, comme si <a href="https://docs.gimp.org/2.10/fr/gimp-filter-exposure.html" title="">le niveau de noir</a> était poussée au maximum.</p>
<p>Le ciel était complètement dégagé, le soleil de décembre irradiait ce début d'après-midi, le sol était sec et le thermomètre extérieur affichait moins quatre degrés. Encore tremblant, pris d'états de fatigue massive, de crises nauséeuses pesantes, mes premiers pas sur le trottoir opérèrent comme une petite libération, sous l'air frais, peu à peu, l'oppression s'effaça. A travers les lourds clignements d’œils, quelques minuscules fleurs étincelantes commencèrent à percer l’obscurité de mes paupières. Puis, des traits, des structures complexes émergèrent du néant. A cet instant, je comprenais que ce que je percevais comme des petites fleurs, n'étaient qu'en réalité les croisements de cette ineffable géométrie céleste. Avec une force à couper le souffle, je voyais cet infini champ de fractales en constante métamorphose se projetait, littéralement, sur ma conscience. Nous ne parlons pas ici de simples chimères ophtalmiques, ni même d'<em>hallucinations</em>, mais bien d'architectures plus tangibles que la roche, tellement subtile qu'aucun solipsisme ne pourrait approcher ni même penser. Des figures qui dessinaient les armatures d'un espace en perpétuel reconfiguration. Non comme de quelconques mouvements, mais comme une danse, un inégalable ballet angélique. A travers ces agencements il était possible d'entrevoir des atmosphères différents selon les lieux traversés.  Pire, si je rouvrais les yeux et les refermais, les fractales ne se réinitialisaient pas, ou ne reprenaient pas au moment laissé, mais présentaient une continuité, une existence indépendante de mon observation, confirmant leur essence propre.</p>
<p>Ma volonté fut de rejoindre le plus proche sous-bois, situé à dix minutes de marche de mon domicile. Néanmoins, au détour d'une rue, les rayons du soleil m'harponnèrent. Dans le monde des visions, leurs représentations étaient celles d'épaisses lignes blanches aux bords arrondis. En sa direction, ces lignes dressaient l'ossature d'une structure, d'une vie, d'une entité insurpassable. Par elle, son évidente nature se révéla, celle d'une reproduction vivante des illustrations Mayas ou Aztèques. Les représentations de ces civilisations n'étaient qu'un témoignage, qu'une copie de la géométrie divine qui leur était révélée. A mon tour, je voyais ce qu'ils avaient vu, j'étais le spectateur privilégié de cet unique assemblage au ton jaune et l'abyssal égrégore qu'il portait. Le soleil se proposa donc comme mon gardien, mon guide durant cette excursion.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/FractAzteques.webp" alt="" /></p>
<p>La piste cyclable était suffisamment déserte et droite pour la fouler les yeux fermés, absorbé par la beauté de visions qui ne cessaient de s'amplifier. A peine l'entrée de mon havre forestier franchi, une sensation m'envahit, quelque chose qui s'etayait en fond et qui se manifesta progressivement. Une sorte de connexion à la nature s’opéra, me laissant témoin d'un spectacle inoubliable. Les visions épousaient parfaitement la végétation. Les figures se destructuraient pour se transmuter en d'élégantes et étincelantes petites lumières qui embrassaient et se collaient finement aux hautes branches des arbres du sentier, pour en devenir une voûte sublime, la charpente d'une extraordinaire et époustouflante cathédrale vivante. Durant la contemplation de ce jeu d'obscurité et de lumière, je sentis un upK prendre place et le haut s'ouvrir brutalement. En temps normal, j'aurais laché prise et laissé le souffle divin m'emporter, mais je me rappelais que j'étais seul, qu'il y moins d'une heure j'étais en bad total, et que je n'avais aucune idée à quel point K pouvait être tordu par l'esprit de Psilocybe. Là, je décidais de le court-circuiter.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Psychedelic.webp" alt="" /></p>
<p>Au coeur de ce bois protecteur, j'oscillais entre visions et monde réel. Ce qui etait fascinant, une fois de plus, c’était mon état de lucidité, totalement intact. La réalité perçue par mes yeux ne changeait pas, mais une fois les yeux fermés les visions me jetaient dans des scenes splendides. Alors que mon regard se portait sur une rangée d'arbres, je voyais la couleur des feuillages devenir beaucoup plus vivante, comme si on aurait monté la saturation au max. Puis, les ombres de la rangée d'en face se décoller des arbres et former une sorte de  grande grille. Je m'amusais à bouger, pour voir cette grille sombre bouger différemment des arbres dans la perspective. Tout simplement hallucinant et flippant.</p>
<p>La réalité revint à la normale rapidement. Comme un appel, je décidais de quitter le sous-bois pour en rejoindre un autre à 15 minutes de marche, où se trouve un arbre gardien qui m'est important symboliquement. Je reprenais donc la piste cyclable sous un soleil toujours aussi présent, comme un discret éclaireur éternel. Les températures extérieures étaient négatives, pourtant mon blouson était grand ouvert, étrangement je ne ressentais pas le froid. Je repensais au bois que je venais de quitter, et son lien que je fais avec <a href="https://substack.com/@loic" title="">Loic</a>. Je l'avais découvert au moment du Web, des podclashs et le debut d'internet alors que je me mettais, initialement par mimétisme pour son projet de marathon, à la course à pied en traversant cette petite jungle rurale. Et voir cette connexion se renforcer dans le temps au fur et à mesure de son évolution et les saisons que je voyais modeler ces étendues sylvestres à chaque séances running. Mais d'un coup, une marée intérieure m'arracha de mes pensées. J'étais assailli de montées insensés de félicité, enserré par des états de bien-être d'une puissance indéfinissable, dépassant infiniment tout orgasme humain vécu. Une béatitude complète, colossale, dénuée de tout objet, reposant que sur elle et rien d'autre, comme un précieux cadeau divin cédé.</p>
<p>Un constant sourire jusqu'aux oreilles était l'empreinte extérieur de ce nirvana endogène. D’incontrôlables éclats de rires spontanés furent les effets de bord d'une telle situation, non comme expression crantée à une quelconque réaction émotionnelle, mais comme une extension logique d'un moment sublimé, une thérapie profonde. Au loin, un cycliste arrivait. L'effort fut herculéen, à bloquer tout rire, à dissimuler l'extase qui m'envahissait. Une fois le vélo passé, le fou rire et la joie s’exprimèrent sans retenu.</p>
<p>La nuit devait arriver vers 17h30. Il était quinze heures, je venais d'arriver à l'entrée de mon second sanctuaire, et je me rendais compte qu'il était inimaginable de rentrer chez moi, me renfermer entre quatre murs coupé de la fantaisie qui m'entourait et son chef d'orchestre, le magistrale soleil. Et c'est avec lui que je décidais de m'abandonner au profondeur de ses HyperMondes. Les structures de fractales dans mes visions, instantanément, s’affinèrent à l’extrême, aussi finement et délicatement qu'une resplendissante toile d'araignée. Cet espace se reconfigura entièrement en un vertigineux tunnel, qui devant moi se dressait. A la métamorphose spatiale s'ajouta celle de l'émanation, d'une succession de mues colorées plus splendides les uns que les autres, d'une somptueuse alternance de fondus de coloris, de teinte, de vie.</p>
<p>Devant toute la majesté de l'arbre gardien je restais un moment, avant de voir sa nature par le prisme des visions. Il était constitué de spirales de couleurs bonbons espacées d'autres spirales plus sombres, comme des mini trous noirs. Plongeant dans l'un de ces vortex acidulés, le centre s'ouvrit comme un diaphragme d'appareil photo pour révéler une scène singulière. Un lieu surréaliste et doux jonché de petites maison sphériques aux toits coniques et arrondis ainsi que quelques bâtiments carrés comme il peut en avoir au Mexique. Sonné par la stupeur et ne sachant où cette exploration aurait pu me mener, étant isolé en plein cœur d'un petit bois perdu au milieu de nulle part, je rouvris les yeux.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Psychedelic2.webp" alt="" /></p>
<p>Sur le chemin retour, les torrents de visions, peu à peu, s’évaporèrent pour céder la place à un ruissellement massif d'endorphine, inondant jusqu'au plus fins de mes influx nerveux d'une quiétude inégalable, alors que le soleil amorçait sa descente et que le froid commençait à me saisir.</p>
<p>Arrivé à peine à cinquante mètres de ma porte d'entrée, je vois une voiture se stationner devant. Mon voisin le fait souvent pour ouvrir son portail. Trois ombres en sortir. Non pas des hallucinations, mais bien de sombres démons en chair et en os. Des êtres dont, durant plus de vingt ans, j'avais tout fait pour échapper, à leur radar, à leurs recherches, à leurs piteuses et perverses stratégies de me saisir. Eux qui, à mon adolescence, durant des mois, pris entre leurs griffes acérés, m'avaient quotidiennement humiliés, brisés intérieurement, ces minotaures qui volontairement devinrent le bidon d'essence sur les braises d'un ego broyé, d'une auto-destruction encouragée, d'une mort frôlée, étaient de nouveau devant moi, brutalement au centre de ma réalité.</p>
<p>En temps normal, cette confrontation m'aurait profondément affecté. Or, à ce moment, leur présence n'impactait pas ma bulle de paix intérieure, comme l'écho d'un message laissé lors de mon dernier macro-dosing. L'océan d'endorphine dans lequel je baignais m’empêcher de leur renvoyer leur médiocrité, leur rappeler ce qu'ils avaient fait, leur jeter au visage ce qu'ils tentèrent d'effacer, de les laisser face à leur sombre reflet dans un miroir, les renvoyer dans leur pourriture. Je savais cette situation critique, je ressentais son importance, mais aucune colère, aucune violence ne pouvait naître en moi, seul l'indifférence et de lourds silences traduisirent mon dégoût. Une opposition qui suffisait à les voir partir rapidement.</p>
<p>Que dire de cette vertigineuse synchronicité ? Quelle était la probabilité pour que lors d'un passage pour quelques jours dans ma ville, nos chemins se croisent sur la route de leur départ et mon retour chez moi à la suite d'un mémorable voyage psychédélique ? Que signifie de voir ces minotaures resurgirent après plus de vingt ans à ce moment précis ? Ce n’était pas un simple hasard, mais, peut-être, une invitation à un travail introspectif.</p>
<p>Enfin, précisons que je ressentais l'Esprit des Psilocybes continuait d'opérer durant quelques jours, dans mon quotidien, et dans mes rêves. Et durant quinze jours, je n'ai pris aucun médicament pour mes névralgies, pas même un aspirine, je dis bien aucun médicament en quinze jours.
Même si, je suis convaincu que ces lieux magiques, qui me marquèrent à jamais, n'étaient au final que l'antichambre de terres infinies encore plus fortes et complexes.</p>
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   <title>Art & Disruption</title>
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   <updated>2026-03-27T21:34:00Z</updated>
   <content type="xhtml">
       <div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><em>Nexus - NewsLetter du 24 mars 2026</em></p>
<p>Le printemps avait pris vie avec force. Tel un inespéré souffle qui balaya un sombre et interminable hiver, qui nous extirpa in extremis de l’hypoxie. Ma ville retrouvait ses champs verdoyants. Lors d’un instant, une illusion prenait pied, celle de voir l’étouffant bitume, l’imposant béton et l’oppressante concentration s’effacer face à une aérienne et omniprésente symphonie du Vivant, un précieux présent livré.</p>
<p>C’est lové à ce calme et cette légèreté que je naviguais sur les artères, sur les veinules qui irrigue Blois: la rue Denis Papin, la rue du commerce, la place Louis XII, puis les plus dissimulés, la rue des Juifs, la tour du Foix, la tour Beauvoir et le jardin des Simples.</p>
<p>Le rendez-vous au service de l’Etat Civil de la mairie était fixé à 15h. Il était la première action concrète à, ce qui n’était jusqu’alors q’une volonté profonde, mon changement de nom. Un acte symbolique fort, radical, longuement réfléchie, un appel de l’âme à regagner mes racines Arméniennes. Dès ce moment, le processus sera enclenché, sans possibilité de rétro-pédalage.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt1.webp" alt="" /></p>
<p>Complètement délesté de toute tension, par l’effet d’un jour de congé finement posé, l’ombre des préoccupations professionnelles, si éloignée, s’était totalement volatilisée de mon esprit. La conscience libre, sereine, couplé à l’errance volontaire me plongèrent inéluctablement en ce savoureux moment particulier, singulier, presque suspendu.</p>
<p>Me laissant guider par la spontanéité, je me retrouve à notre majestueuse Bibliothèque Abbé-Grégoire, où ma volonté initiale fut de retrouver ma routine bien ancrée, de rejoindre les étages afin de flâner sur les allées de cette inégalable antre culturelle. Avant même de fouler un quelconque escalier, Jonathan, un ami qui gère la sécurité sur place, m’attire dans une discussion banale et chaleureuse dont nous avons l’habitude. Mais, sans le savoir, au détour de cette conversation, il lâcha un lapin identique à celui d’Alice que je ne cesserais de suivre en cette après-midi. Une petite exposition, nommée Tout doit disparaître, était installée juste dans le prolongement du hall. Et là, dès le premier coup d’oeil sur les affiches, première claque : Je suis saisis par le concept unique que propose son auteur. <a href="https://dominique-hermier.com" title="">Dominique Hermier</a>, un artiste-designer qui a installé son atelier en centre-ville (rue Saint-Honoré), créateur de IKEX la galerie d’objets décalés comme satire à la fameuse enseigne suédoise, avait donné vie à une troublante agence immobilière fictive, l’Agence No Futur.</p>
<p>Les murs de la petite galerie improvisée étaient tapissés de ses annonces immobilières atypiques. Des structures à l’abandon ou dévastées mis en avant par un jargon professionnel qui faisaient naître le rire et l’amertume. A travers le ton décalé et provoquant, un message fort était porté. Celui de notre rapport à la densification, à la désertification, au déni, au centres-villes mourants, à la biodiversité, à notre futur.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt2.webp" alt="" /></p>
<p>Il me restait encore une heure avant de remonter à la mairie. L’envie émergea en une attraction puissante et subtile, presque éthérée, de me perdre dans les murs historiques de <a href="https://www.chateaudeblois.fr" title="">notre monumental château</a>. Ici, une précision doit être apportée. J’ai toujours vécu à Blois et ses alentours proches. En quarante ans, j’ai tellement arpenté les châteaux de Blois et <a href="https://www.chambord.org/fr/" title="">Chambord</a> que je connais leurs moindres espaces par cœur. Ces imposants bâtiments m’ont vu grandir. Pourtant, chaque retrouvaille avec ces lieux renferme sa force et sa magie.</p>
<p>Même si je garde un certain intérêt pour François Ier et l’architecture qu’il incarna, l’histoire académique servie aux déversées de touristes n’a jamais réellement attisé ma curiosité. Ma relation avec les entrailles de ces constructions est plus organique, plus intuitive, plus simple. Malgré mon insolente familiarité avec ces couloirs, ces escaliers, ces pièces de vie, opérant comme vecteur imaginal, je me laisse sans cesse happer par ces lieux, jusqu’à entièrement me fondre en eux. De là, le vagabondage devient un travail alchimique, une danse de l’âme guidée par la charge ancestrale de leurs pierres devenues entité. Chaque pas supplémentaire engagé dans ce labyrinthe irréel nous propulse en un fin moment présent, nous coupe de tout extérieur et nous dépouille, une à une, de nos innombrables armures tissées. Lors d’un instant, se voir tel un spectre déambulant, un esprit traversant des galeries toujours plus somptueuses, des mondes à jamais espérés.</p>
<p>Les tapisseries, les sculptures, le mobilier royal, et tout ce qui peuple ces espaces, dépassent la simple matérialité. Ils sont des miroirs qui saisissent et brisent toute illusion de libre-arbitre. Par leurs reflets, les pensées, emportées par le flot de l’atmosphére ouateux, s’échouent sur les omniprésents symboles laissés à demi-dévoilés, sur la grandeur des œuvres et leur immortalité, ou sur les tragédies, les émotions et la vie, pour toujours, imprimés dans la pierre. Laissant l’effroi de voir le passage, l’éphémère et l’immuable cohabiter en une même dimension. C’est la salle des Etats Généraux, clef de voûte de ce chemin initiatique, qui, face à sa majesté, sa mystique et son inégalable subtilité, nous connecte avec force à ce que nous ne pouvons que pressentir et imaginer, une impalpable transcendance, une impérieuse invitation à la modestie, au silence et à la contemplation, une furtive étreinte d’un inaccessible art céleste.</p>
<p>Il était l’heure, et de ces envoûtants courants qui me berçaient je devais m’en arracher pour me rendre à la mairie.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt3.webp" alt="" /></p>
<p>Quiconque aura eu la chance de franchir les portes de notre mairie sait à quel point l’accueil y est exceptionnel, empli de calme et de bienveillance. Chacun de mes passages en cet îlot de quiétude me renvois systématiquement à des précieux et cotonneux souvenirs vécus dans ma ville. Comme si, à l’opposé des administrations froides et bornées, elle incarnait un nœud important de l’essence qu’est Blois. Alors que l’on m’invite à prendre place au service de l’Etat Civil, je suis submergé par un spectacle que peu verrons, et que l’on me permettait de contempler. En réalité ce qui se dressait devant moi n’était nullement des bureaux mais des galeries d’orfèvreries qui résistèrent au temps. De massives pierres apparentes, de splendides voûtes romanes, de grandes dalles au sol et de sublimes peintures écaillés couleurs pastelles partout au plafond et sur certains murs. Les bureaux de notre mairie, et je l’ai appris à ce moment précis, prenaient pied en un ancien couvant.</p>
<p>C’est dans cette bulle déliée de toute nocuité extérieure, suspendu dans le temps, que la personne en charge de mon dossier, face moi, engagea un inégalable dialogue tissé de douceur et d’écoute sincère. Son attitude n’était pas celle d’un robot appliquant impassiblement une procédure, mais celle d’une vraie humaine avec une volonté profonde de connaitre, plus que les simples raisons de ma démarche, mon histoire. Avec toute la plus délicate prévenance du monde, elle m’exposait le déroulé de toutes les étapes administratives qui m’attendait, toutes ses conséquences lourdes et toute l’énergie folle que je m’engageais à fournir pour effectuer ce changement dans tous les dédales bureaucratiques.</p>
<p>Ses mots ne résonnaient pas comme une mise en garde, mais comme une nécessité, à rappeler avec empathie ce qui s’imposait, et, surtout, ce qu’elle incarnait, un guide précieux qui sera présent à mes cotés pour initier ce long parcours. Ai-je vraiment envisagé et anticipé toutes les retombés ? Que dois-je faire maintenant et après ? Quels sont les angles morts et erreurs à penser et éviter ? Un acte grave, brutal qui s’impose mais qui renferme de considérables implications, institutionnelles et psychologiques. Devant ce colosse qui patiemment m’attendait, je me sentait non-plus esseulé, mais épaulé, porté par un appui inestimable, une humanité rare qui faisait chaud au cœur.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt4.webp" alt="" /></p>
<p>Au creux de mon cœur, ainsi que sur ces quelques premiers papiers, je gardais, dès ce moment, cette transmutation initié comme une sensation particulière, de paix et d’alignement profond. Dans la cour de la mairie, je prend un instant pour saisir l’air, et me laisser conduire par le chant des oiseaux vers nos Jardins de Babylone (les Jardins de l’Eveché). Là, une envie se cristallisa avec force au centre de mes synapses, visiter <a href="https://www.fondationdudoute.fr" title="">La Fondation du Doute</a> avant de regagner la gare et débuter mon long Week-End.</p>
<p>La dernière fois que j’ai exploré ces lieux c’était il y a dix ans, lors du passage de <a href="https://tcrouzet.com" title="">Thierry CROUZET</a> à Blois pour une conférence. L’hexagone était lové à une fièvre démocratique, un mouvement naissant, nommée <a href="https://nuit-debout.fr/" title="">Nuit Debout</a>. Alors en pleine écriture de <a href="https://tcrouzet.com/books/resistants/resistants/" title="">Resistants</a>, <a href="https://tcrouzet.com/2016/04/30/lauteur-qui-maximise-sa-liberte/" title="">Thierry, autour d’un café, me confiait ses pensées, ses doutes et ses utopies</a>. A travers les courants de cette délicieuse et stimulante conversation, plusieurs sujets émergeaient, Nuit Debout bien sûr, le Dividende Universel, ses souvenirs personnels avec Blois, l’écriture et l’art en général.</p>
<p>Quittant le <a href="https://www.tripadvisor.fr/Restaurant_Review-g187119-d7116796-Reviews-Le_Bar_de_la_Fontaine-Blois_Loir_et_Cher_Centre_Val_de_Loire.html" title="">Bar de la Fontaine</a>, je l’accompagnais au bâtiment de Ben, qu’il voulait absolument visiter. Ce n’est que quelques jours plus tard, qu’à mon tour, je redonnais sa chance à cet espace gorgé d’excentricités que je jugeais toujours, primitivement, de mauvais gout. Et me promettant de ne plus y repasser.</p>
<p>Poussé par le vent de cette après-midi spéciale, avec la maturité d’une décennie, je franchissais, une fois de plus, les portes de la Fondation avec une plus grande ouverture d’esprit et un regard élargie.</p>
<p>Pourtant, quelque chose persistait, un omniprésent sentiment désagréable. Ce qui restait dérangeant dans le FLUXUS, c’est sa nature et ce qu’il produit. L’art de l’anti-art. Un non-art, dénué de toute quête de sublime et de transcendance, qui, par le simple détournement d’objets du quotidien, tente uniquement de faire naître des concepts, souvent forts, quelque fois fumeux.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt5.webp" alt="" /></p>
<p>Cet antre de l’abstraction se découpe en deux parties distinctes. Un bâtiment principal où se trouve, étalée sur deux étages, l’exposition permanente. Et une modeste construction en bois, posée au centre de la cour, renfermant l’exposition temporaire. C’est par cette dernière que commença mon excursion. Les créations occupant ce dédale s’accordaient autour du thème défini : Le masque. Elles constituaient une galerie qui ne laisse pas indifférent et indemne. Même si elles délivraient des messages capitaux sur nos différentes mascarades sociétaires et individuelles, leurs mise-en-scènes me laissaient un gout amer, presque acide. Une corrosion qui attaque la curiosité, l’intérêt et l’analyse.</p>
<p>Contrairement aux musées, aux châteaux où je peux rester des heures, happé, à contempler des peintures, des sculptures porter le symbolique et le sublime, il m’est impossible de m’accrocher aux petites bulles du FLUXUS sans en ressentir une gêne, car ces jeux de contournement se trouvent naturellement amputés d’esthétisme, d’élégance ou de beauté, laissant comme fondement, nûment exposé, le désordre, les idées et la performance.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt6.webp" alt="" /></p>
<p>Dès lors, le lecteur attentif l’aura compris, j’ai toujours été insensible à l’art contemporain. Comment, dans un homard gonflable, ne pas voir autre chose que du vent ? Et là, surement à juste titre, certains attachés à cet entre-soi me qualifieront, avec toute la morgue qui s’impose, de populiste, d’inculte, de terroriste intellectuel incapable d’appréhender les strates de l’happening et du plastique made in China. Pourtant, malgré cette supposée carence de lucidité, je peux constater l’imposture, je peux voir les lunaires interprétations tirées par les cheveux permettant de légitimer le grand n’importe quoi et le vide qui l’accompagne.</p>
<p>Arrivé dans le bâtiment de l’exposition permanente quelque chose me choqua. Rien, strictement rien, en dix ans, n’avait changé ! Je retrouvais exactement les mêmes objets qui n’avaient pas bougé d’un millimètre, la poussière en plus.</p>
<p>Alors, sans surprise possible, je naviguais dans ce havre d’excentricité avec l’envie de braver cette lutte intérieur que m’astreignait ce labyrinthe artistique. Pour ça, je me servis de cet avantage, de connaissance des lieux, pour essayer de m’imposer ce référentiel en ne me focalisant uniquement sur les œuvres qui m’ont toujours le plus parlé et effectuer un travail avec elles.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt7.webp" alt="" /></p>
<p>Au fur et à mesure, j’acceptais leur essence, celle de la démarche artistique. Des idées, une topologie, des messages, des dérivations courbés à l’extrême, poussés jusqu’à dissoudre tout repères communs, jusqu’au ridicule, au vertige et à la disruption. Elles opérèrent comme de troublants miroirs, poussant à la réflexion et à de nouvelles idées.</p>
<p>Le FLUXUS initia en moi un premier intérêt. Au delà de sa carence de beauté (au sens ou je l’entend), de ses provocations, j’acceptais de voir son mouvement, sa légèreté, son potentiel stimulant, son autodérision et son style si particulier.</p>
<p>Peut-être que, au moins partiellement, le FLUXUS me réconcilia avec ce monde artistique qui m’a toujours déplu, comme une exception, un courant que je pourrais intégrer à mon quotidien, et m’y replonger</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt8.webp" alt="" /></p>
<p>C’est sur cette note d’acceptation et de légèreté que je délaissait ce lapin d’Alice, pour prendre mon train et embrasser l’agréable Week-End qui me tendait les bras. Avec dans la tête et le cœur l’empreinte de cette journée: le changement, le détachement et la fluidité. Une petite et humble transmutation.</p>
<blockquote>
<p>“Une oeuvre d’art n’est lisible que par approfondissements successifs.”</p>
<p>Friedrich Nietzsche</p>
</blockquote>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/ArtDisrupt9.webp" alt="" /></p>
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   <title>Ceremonia n°2</title>
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   <updated>2026-02-23T21:31:00Z</updated>
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       <div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><strong>Disclamer</strong>: <em>Ce texte n’a d’autre ambition que de partager un témoignage personnel, une exploration introspective et sincère de ces substances ancestrales. À aucun moment il ne cherche à encourager l’usage des psychédéliques, strictement illégale en France et ailleurs, qui, malgré leur immense potentiel thérapeutique, nécessitent un cadre rigoureux, une préparation méthodique et l’accompagnement éclairé de professionnels de santé. Toute prise de ces substances, qu’elle soit expérimentale ou médicale, renferme des dangers. Une mauvaise gestion du set &amp; setting, une incompatibilité physiologique ou psychologique, ainsi qu’un non-respect des contre-indications peuvent engendrer des conséquences graves. Ce récit est écrit dans un esprit de réduction des risques, avec la conscience que ces expériences exigent une responsabilité individuelle et une connaissance approfondie de soi.</em></p>
<p><strong>Set &amp; Setting</strong>: Deuxième séance psychédélique | 15g de Psilocybe Atlantis (frais) | Seul, bandeau sur les yeux, position padmasana | Fond sonore : chants Icaros | Jeûne depuis la veille, prise à 14h | Sauge blanche et copal pour purifier l'espace.</p>
<p>Le temps s'est courbé. A tel point que ces deux heures de voyage intérieur semblaient s'être muées en éternité. Non pas à cause d'une succession frénétique d'éléments psychiques qui auraient aspiré mon esprit, mais par un état si singulier qu'il me coupa de tout existant et suspendit le moment en un doux infini.</p>
<p>Contrairement à la cérémonie précédente, l'intention posée ne fut pas dirigée vers des considérations abstraites ou mystiques, mais en une volonté d'explorer les causes de mes migraines et autres tensions internes. Dès lors, je savais que la forme de celle-ci serait plus introspective.</p>
<p>La montée fut légère, seul mes membres inférieurs et supérieurs furent pris par les remouds éthérés, la sensation de détente et de bien-être, peu à peu, s'installait, et quelques fragiles flashs ancestraux s’effritèrent sur le rivage de ma conscience.</p>
<p>Le premier enseignement jaillit: <em>"Suis ton coeur. Sois en paix"</em>. Instantanément, je sentis émerger les luttes larvées qui étaient, en moi, enracinées et combien elles me rongeaient. Je pouvais les percevoir physiquement, leur impact dans mon corps et leur portée. Vous ne verrez certainement que des mots insignifiants, car vous n'avez pas pu être les témoins de leur force, de leur action. En même temps que le mot paix résonnait, je vis, à son contact, tous les liens de ces conflits internes se dissoudre complètement. Aussitôt, je ressenti une colossale charge de sérénité prendre place. Une ineffable quiétude venait de s'installer dans tout mon corps, jusqu'à la dernière de mes cellules, dans toute ma psyché, dans tout mon Etre. Littéralement, je baignais dans une félicité sans borne, une paix intérieure séraphique. C'est précisément dans cet état que le temps ne devint qu'un vague concept, lové à un éternel moment présent en suspend. Bercé par ces courants ouateux, une vision s’imposa alors : tout autour de moi était recouvert d’or étincelant. L’espace, devenu sphérique, brillait d’une chaleur douce et apaisante.</p>
<p>Cette première vague s'estompa lentement, imposant son creux où le vide peut enfanter le plus glaçant des enfers. Maintenir la vacuité cérébrale et suivre les Icaros a toujours été le plus précieux des mousquetons pour me préserver de ces dangereux limbes.</p>
<p>Puis la sérénité revint, plus forte encore. Je me vis en vision, assis en position padmasana, enveloppé d’une aura jaune lumineuse. Cette lumière me réparait, me régénérait. Je compris alors que cet état de paix à lui seul, cet ancrage dans le présent, était un baume pour mon corps comme pour mon esprit. Un soin, une thérapie.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Ceremonia2.webp" alt="Illustration: Film Fontain" /></p>
<p>Après avoir traversé un deuxième nadir, les causes de mes migraines me furent révélées. Je voyais, je ressentais les "noeuds" que je me faisaient au cerveau, l'anxiété par laquelle ils naissaient et ses racines latentes. Le mécanisme m'était clairement exposé: Comment une gestion emotionnelle, mentale ou physiologique clairement dysfonctionnelle génère de l'anxiété. Comment cette anxiété tisse ces "noeuds" dans le cerveau. Et, dans ses moindres détails, comment ces derniers s'accumulent et enflent jusqu'à saturer la psyché et déborder jusqu'à frapper directement le champs physique de mon cortex, par la régulation chaotique de ses veines et artéres. Tout m'était maintenant limpide, je venais de tout comprendre, systématiquement TOUT comprendre. Avec cette révélation inouï, une joie débordante me gagnait. L'engouement était tel qu'il me pressa de le partager sans plus attendre à <a href="https://denissalem.ovh" title="">Denis</a>, avant de me rappeler que j'avais 15 grammes de Psilocybe Atlantis dans le corps, que nous étions le 31 décembre, qu'il avait certainement autre chose à faire, et que sur l'instant cet empressement était tout sauf pertinent.</p>
<p>Le dernier enseignement, comme un épilogue, s’imposa après un troisième nadir. Une vision d’une simplicité déconcertante : moi-même, entouré de personnes. Je compris comment ma paix intérieure, ce rayonnement serein, par son ancrage, pouvait me permettre de vivre mon expérience de vie pleinement sans être entaché par quiconque, et à interagir avec les autres sans peur ni jugement. Surement, le fait de "Suivre son coeur et d'être en paix", maintenant je sais leurs interconnections et leur profondeur. Les Psilocybes Atlantis venaient de me confier le point d'arrivée, mon travail sera de construire mon chemin vers cet objectif.</p>
<p>L'esprit des Psilocybes, dont je n'ai eu de cesse que de ressentir l'omniprésence bienveillante et la prévenance durant mon travail avec lui, me rappela qu'il sera toujours là, à mes cotés si besoin, tel un inégalable allié. En même temps, je pouvais entrevoir mes guides me rappeler leur présence chaleureuse, avant que cette dernière vague, et tout ses effets, ne s'estompe définitivement, et que ce divin voyage ne s’achève...</p>
</div>
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   <title>Murmures des Corridors Interieurs</title>
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   <updated>2026-01-28T21:06:00Z</updated>
   <content type="xhtml">
       <div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><em>Nexus - NewsLetter du 26 Octobre 2025</em></p>
<p><em>“Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière.”</em>
Charles Baudelaire</p>
<p>Il est des courants qui bercent le vivant, omniprésents et insaisissables, ils soufflent sur chaque âme afin d’animer et modeler l’existant. Cet océan aux étendues infinies est communément appelée Conscience. Du Tout, elle en est le contenant et le contenu.</p>
<p>Même si la nature de ses insondables abysses demeure, ontologiquement, à jamais inaccessible, nous pouvons scruter le reflet de ses vagues. Thérapies assistées par Psychédéliques et autres champs de Conscience élargie seront, ici, nos points d’entrée à l’ineffable Essence initiale.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Corridors1.webp" alt="Photo: Denis SALEM (image modifiée - Licence CC-by-sa), https://denissalem.ovh" title="Photo: Denis SALEM, https://denissalem.ovh" /></p>
<p>Toutefois, à l’antichambre de cet arrière-monde, il nous semble impératif de réaffirmer à notre auditoire quelques évidentes intimations. L’évocation d’usage de substances psychédéliques ne pourra pas être prise pour ce qu’elle n’est pas, un quelconque encouragement à leur consommation. Mais bien une exposition sincère de leur potentialité, dans un cadre thérapeutique, médical ou traditionnel où la légalité le permet, ainsi que leur dangerosité. Par ces lignes, notre unique volonté est une entière contribution à la réduction des risques.</p>
<p>Commençons ce Nexus par une promotion. Celle d’un livre. Un témoignage, que nous confie <a href="https://www.lecoindesdesperados.com" title="">Zoê HABABOU</a>, Ayahuascarera qui traversa frénétiquement le globe depuis des années, mû par une quête alchimique qui prit forme en voyages aussi géographiques qu’interieurs. Quête de vision avec la Mère de toutes les plantes, l’Ayahuasca, chez le Chipibos, par le Peyotl et le Bufo dans un désert mexicain brûlant, sa topologie tissée de ces mondes et de leurs limbes est une précieuse lumière à toute compréhension de ces traditions et de leurs infinis labyrinthes hallucinogènes. Avec son roman Borderline, elle confiait les secrets d’une foret amazonienne luxuriante et de ses cérémonies d’Ayahuasca. Aujourd’hui, par Rencontre avec le peyotl, elle nous livre un témoignage immersif, aspirant, direct et puissant de sa première plongée dans les abysses de la Mescaline, en plein cœur des régions les plus arides de Wirikuta. Vous pouvez acquérir ce délicieux récit auto-biographique sur <a href="https://amzn.to/41Vw6mx" title="">Amazon</a>, ou, encore mieux, directement par son biais.</p>
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<p>Le 21 janvier dernier, <a href="https://alieninsect.substack.com" title="">Andrew R. Gallimore</a> publiait <a href="https://alieninsect.substack.com/p/on-the-dmt-laser-code-of-reality" title="">un article pour exposer la nature d’une expérience troublante</a>. Celle du Code de la Réalité, communément appelée l’Effet du Laser DMT. Un glitch qui fut théorisé par <a href="https://youtu.be/mc-WiKZoLao" title="">Danny Goler</a>, où le voile de la réalité se déchire pour laisser entrevoir le code de sa matrice. Oui, le code fondamental de notre réalité, ni plus ni moins. Pour ça, un faible dosage de DMT et l’emission d’un laser rouge (650nm) permettraient de percer toute illusion de notre monde en révélant son code caché. C’est ce qu’affirme certains psychonautes et ce que certifie Danny à Andrew:</p>
<p><em>“I have found a way to see the source code reliably, 100% of the time while on the molecule.”</em></p>
<p>A quoi Andrew, brillant neuroscientifique, expert mondial des effets de la DMT, répond avec prudence que, ontologiquement, une contradiction jaillit: Si l’information révélée à la surface d’un objet était perçue, elle ne pourrait pas se transporter au delà de la surface pour, ainsi, aller taper sur la rétine de l’observateur. Émettant, avec d’autres arguments légitimes, un scepticisme sur les résultats de l’étude lancée.</p>
<p>L’autre fait embarrassant est le code lui-même: des Katakanas et des formes géométriques stables.
Pour les Katakanas, une pluie numérique Matrix si gênante dans sa similitude avec la création des sœurs Wachowsky, qu’elle frollerait le caricaturale. Même si le code se révèle stable et objectif, il n’est pas moins envisageable qu’il ne soit pas indépendant de son observateur. Les expérienceur.euse.s, voient-ils, tous, exactement le même code au même moment? Andrew rappel que les structures géométriques et les écritures sont choses communes aux explorations psychédéliques.</p>
<p>Un article à parcourir donc, pour sa pertinence, pour la nuance qu’il apporte et, surtout, pour toutes les autres subtilités évoqués par <a href="https://alieninsect.substack.com" title="">Andrew R. Gallimore</a> qu’il est impossible, ici, d’exhaustivement lister.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Corridors2.webp" alt="Photo: Denis SALEM (image modifiée - Licence CC-by-sa), https://denissalem.ovh" title="Photo: Denis SALEM, https://denissalem.ovh" /></p>
<p>En dehors de la question de la DMT, cette expérience invoque, en creux, une théorie encore plus surprenante: Celle que nous vivrions dans une simulation. Concept qui fut mille fois utilisé dans les fictions, par exemple <a href="https://www.amazon.fr/M%C3%A9moire-double-Grichka-BOGDANOV/dp/2221126122" title="">Memoire double</a>, <a href="https://youtu.be/i1UDqkrrmH4" title="">DarkCity</a>, <a href="https://youtu.be/xo6BJGoshLQ" title="">Passé Virtuel</a>, etc… mais qui, depuis peu, voit son fondement scientifique émerger de nouveau avec force.</p>
<p>Synchronicités ou non, alors que je suis plongé à la lecture du <a href="https://www.amazon.fr/%C3%8Atre-soi-nouvelle-science-conscience/dp/275983235X" title="">best-seller</a> d’<a href="https://www.anilseth.com" title="">Anil Seth</a> sur le sujet, de plus en plus d’articles percutent les rochers de mes sources d’information. Pour le dernier, mis en avant par <a href="https://tcrouzet.com/" title="">Thierry Crouzet</a> lors de sa <a href="https://tcrouzet.com/2025/10/19/digest030/" title="">Terrasse30</a>, il est question de la <a href="https://www.sciencealert.com/gravity-may-be-a-clue-that-the-universe-is-a-giant-computer" title="">gravité comme preuve de l’existence d’une telle simulation</a>, comme ciment attractif de cette illusion orchestrée, comme conteneur initial d’entropie. Cette même gravité qui courbe le temps. Avec les autres forces fondamentales (Électromagnétisme, Nucléaire, etc.), elle ferait partie de l’expression d’une structure plus subtile, plus centrale.</p>
<p>Derrière toute loi, il y a une volonté et un code. Notre imagination pourrait nous amener à penser qu’en renversant la flèche du temps vers la singularité initiale, traversant le mur de Planck et ses fluctuations de la métrique, nous pourrions découvrir un instant primordial (t=0) purement Euclidien, constitué d’informations inébranlables et originelles. Comme les bits gravés d’un DVD, qui permet le déploiement d’une réalité capturée une fois ce disque lancé dans le lecteur.
Ces données éthérées ne seraient ni les lois qui érigent notre <a href="https://hal.science/tel-04437595" title="">univers-bloc</a>, ni ses constantes cosmologiques, ni les causes derrière toutes conséquences, mais bien la racine fondamentale à l’Etre et au non-Etre, à l’existant et à l’inexistant, comme un brin d’ADN, à l’exprimé et au non-transcrit.</p>
<p>Certains, plus joueurs, avanceront que cette matrice informationnelle pourrait se loger à l’horizon d’un trou noir, et que <a href="https://doi.org/10.1093/mnras/staf292" title="">notre [Multi|Uni]vers-bloc enfanté prendrait place en ses tréfonds</a>. Ce trou noir faisant lui-même partie d’un autre [Multi|Uni]vers-bloc, peut-être, également piégé dans un trou noir, lui aussi constituant d’un [Multi|Uni]vers-bloc piégé… et ainsi de suite, comme un insondable jeu de Poupées Russes, une céleste imbrication fractale, un maillage vertigineux et infini. Or, nous n’avons toujours pas répondu à la question: quel est la nature de ce Matrix-Code ? Nous ne le serons peut-être jamais. Mais, nous savons que derrière tout code, il y a un codeur. Renvoyant à l’Architecte de cette titanesque machinerie. Nombreux sont ceux qui n’y verront aucune destinée, juste des mondes, un modèle auto-générés jaillit spontanément du néant, du non-Etre. Posant en creux, les raisons de son émergence ? L’aléatoire ?</p>
<p>Contrairement à cette voie, nos convictions, plus exotiques, comme évoquées en introduction, nous poussent à envisager une volonté initiatrice, une Conscience Ultime, l’Ein Sof, insaisissable, inconnaissable, existant avant toute manifestation. Cette Conscience, omnisciente et omniprésente, aurait pu laisser <a href="https://www.iit.wiki/" title="">son empreinte en toute chose, en toute création et toute expérience</a>. Et finalement, si notre Conscience n’était pas qu’un simple écho à la sienne ? Alors, peut-être, par un puissant jeu de miroirs illusoires, était-ce cela notre réalité ?</p>
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   <id>http://connexions-vivant.ovh/Blog//./Ceremonia/</id>
   <title>Ceremonia</title>
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   <updated>2025-12-23T00:37:00Z</updated>
   <content type="xhtml">
       <div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml"><p><em>"Mon cerveau n'est qu'un récepteur, dans l'Univers il y a un noyau dont nous obtenons connaissance, force et inspiration. Je n'ai pas pénétré dans les secrets de ce noyau, mais je sais qu'il existe"</em>
~ Nikola Tesla</p>
<p><strong>Disclamer</strong>: <em>Ce texte n’a d’autre ambition que de partager un témoignage personnel, une exploration introspective et sincère de ces substances ancestrales. À aucun moment il ne cherche à encourager l’usage des psychédéliques, strictement illégale en France et ailleurs, qui, malgré leur immense potentiel thérapeutique, nécessitent un cadre rigoureux, une préparation méthodique et l’accompagnement éclairé de professionnels de santé. Toute prise de ces substances, qu’elle soit expérimentale ou médicale, renferme des dangers. Une mauvaise gestion du set &amp; setting, une incompatibilité physiologique ou psychologique, ainsi qu’un non-respect des contre-indications peuvent engendrer des conséquences graves. Ce récit est écrit dans un esprit de réduction des risques, avec la conscience que ces expériences exigent une responsabilité individuelle et une connaissance approfondie de soi.</em></p>
<p><strong>Set &amp; Setting</strong>: Première séance psychédélique | 15g de Psilocybe Atlantis (frais) | Seul, bandeau sur les yeux, position padmasana | Fond sonore : chants Icaros | Jeûne depuis la veille, prise à 14h | Sauge blanche et copal pour purifier l'espace.</p>
<p>Il y a des hivers plus pénibles que d'autres à traverser. Ce dernier fut humide, sombre et triste. Les premières percés du printemps sonnèrent comme une délivrance, une désolation balayée. Au fur et à mesure, les champs jaunirent, les sols s’asséchèrent et le ciel, tel un dôme infini et ouateux, se colora d'un magistrale bleu turquoise.
Au parc, à l'ombre d'un amas d'arbres, un groupe de jeunes rigolaient et discutaient de leurs projets lors des imminentes vacances d'été, alors que sur le terrain de basket quelques autres, torses nus, enchaînaient quelques paniers.</p>
<p>Existe-t-il une période idéale pour explorer les limbes psychédéliques pour la première fois ? Surement. Mon affinité pour les temps estivaux me le fait supposer. Une question de Set &amp; Setting. Même si l'appréhension flottait en fond, il m'était essentiel de rassembler le maximum de facteurs agréables et sécurisants, même les plus anodins. Alors que le <a href="28__12-26-2024-08-51__Le-microdosing" title="">Micro-Dosing dévoilait un indéniable effet positif</a>, s'était imposé, peu à peu, une tentative par un dosage conventionnel. L’intérêt était de voir comment pouvaient se comporter mes migraines durant une période post-dose macro.</p>
<p>Pour cette approche initiale, je fis le choix de prendre 15g de Psilocybe Atlantis (un dosage classique), répartie en 10g dans un premier temps, puis les cinq autres si tout est ok, comme le <a href="https://youtu.be/Jh-2RB5EmFI?si=UEESe8UfA50aHx6X&t=312" title="">suggérait Balthazar</a>. La forme "cérémonielle" était une condition <em>sine qua non</em>, par respect pour l'Esprit du Psilocybe (EP), pour sa dimension sacrée et pour tenter de perpétrer un rituel ancré à notre humanité. Une intention devait être posée. Celle-ci, toute première invocation, revêtait volontairement un champ générique, presque anodin : <em>Connaitre ma nature profonde</em>.</p>
<p>Il y a quelque chose de particulier et fort dans cette sollicitation. A cette entité toute puissante, capable d’exhausser jusque vos souhaits les plus impensés, avec le pouvoir de vous propulser dans les strates astrales les plus lumineuses et les plus hautes, ou bien, vous plonger en des limbes glaçantes et infernales qui vous briseront, psychologiquement et physiquement. A ce demi-Dieu,  vous émettez une demande irréversible résonnant comme une reconnaissance de sa grandeur, de votre humilité, de votre dévotion.</p>
<p>Le procédé était identique à celui de mes méditations: bandeau sur les yeux, position Padmasana sur mon fauteuil, encens brûlé et musique en fond. A la différence des trip-stoppers, trip-killers, de ma gourde remplie d'eau et des quelques mets hypersucrés laissés à proximité.</p>
<p>Alors que je venais d’ingérer ma première portion de Psilocybe, que je restais focus à ma décontraction musculaire, contrôle respiratoire et ma vacuité cérébrale, une sensation dérangeante s'installa. Semblable à celui d'un empiffrement d'une tonne de chocolat, comme un ecoeurement de tout mon corps. Avec lui, une nausée importante, que j'arrive miraculeusement à traverser par ma concentration sur la musique en fond. Un autre trouble, peu à peu, prit pied. Celui de remouds de plus en plus importants, se déployant progressivement, partant du bas ventre pour traverser tout mon tronc, mon cou et mon crane. Etrangement, cette marée intérieure n'avait rien de désagréable. Ses vagues ne trouvaient racine dans aucun organe, cellule ou élément corporel, elles ne n'était ni flux électriques ou quelconques radiations, mais un flux si subtil, si physique et pourtant si impalpable, tel une sensation aérienne, presque céleste. Des courants, fluides et doux, assez similaires à ceux qui me traversèrent lors de <a href="https://connexions-vivant.ovh/Blog/Premieres-SHC/" title="">ma première SHC,</a> à l'exception qu'ils restaient cadenassés au corps.</p>
<p>Au cœur de ces mouvements, une idée s'imposa. Celle de me plonger à l'exercice de l'<em>enfant intérieur</em>. Dans mon <em>jardin intérieur</em>, je sers dans mes bras ce gamin écorché, ce petit être brisé pour, une nouvelle fois, tenter de panser ses profondes et indélébiles déchirures. Pourtant, un événement inattendu s'invita, une froide réflexion émergée des tréfonds de mon inconscient : Je suis sa partie supérieure qui le console, mais pour moi, qui sera là pour m'écouter, me rassurer et m'aider ? Personne, je serais sans aucun appui sincère, esseulé, abandonné nûment à la tragédie, à la souffrance, et condamné à vivre mes derniers instants, ma mort, dans la brutalité et la solitude la plus absolue.</p>
<p>Alors que cette terreur, en toutes mes cellules, se diffusait, un grand Etre, de nulle part, apparu et m'enserra dans ses bras. L'EP glissa à ma conscience une évidence que je vivais en direct: Cette entité était mon Moi-Supérieur, il sera toujours là quand la situation l'imposera. Sa présence débloqua toute angoisse latente. Une sensation de sérénité s'installait, tel un lointain calme retrouvé.</p>
<p>Dans cette douceur intérieure, un point d'ombre s'invita: Et pour mon Moi-Supérieur, quelqu'un est-il là pour lui  (car sinon, le problème ne fait qu'être déplacé) ? D'un coup, on me montra qu'un être supérieur sera là, et pour cet être supérieur, un autre encore plus supérieur et ainsi de suite, me laissant entrevoir un vertigineux jeu de poupées russes infini. Et, en son sommet, La Conscience, qui est seule à contempler pour l’éternité sans que cela ne lui pose aucun problème.</p>
<p>Face à ce potentiel purificateur et ses caractéristiques gouvernables, je décidais en pleine montée de prendre les cinq derniers grammes de Psilocybes.</p>
<p>Une image, avec force, perça le vide intérieur. Celle de ma tante de Bordeaux, décédée dix ans plus tôt. Troublé par l'émergence de cette figure, car, j'en été certain, le travail de deuil fut pleinement effectué. Mais, exagérément, ce flot de souvenirs s'efforçait d'heurter les rivages de ma conscience. Pourquoi ? En réalité, il n'était pas question du lien avec ma tante, mais bien d'un traumatisme infusé dans le trajet, dans les lieux, dans l'air et en chaque instant de cet arrachement.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Bordeaux.webp" alt="" /></p>
<p>Tous les moments furent revécus : Les heures de TGV avec ma mère pour rejoindre le corps sans vie de sa soeur, la splendide architecture romane de l'Hopital Saint-André, ses soignants doués d'une écoute, d'une bienveillance infinie, et l’atmosphère si agréable de ce lieu, contrebalançant la violence de voir une dernière fois ce corps froid et amaigri. Sans parler de ce lieu infâme d’"hébergement des familles", où une nuit se mua en une torture sans fin, par ses injonctions à participer aux activités communes, à engager des conversations, un intérêt avec les inconnus qui peuplaient ce bâtiment glacial alors que, ma mère et moi espérions seulement la tranquillité. Enfin, cette sensation singulière, de ce matin où je fixais la ville par l'entremise de la bais vitrée, où toute cette agglomération semblait vide, totalement dénué de la fascination que j'avais toujours eu pour elle.</p>
<p>Cette résurgence opéra comme une thérapie à remodeler ces petits traumatismes successifs qui m'avait jusqu'alors échappé, telle une transmutation chirurgicale, à intégrer des parts inconscientes et créer de nouveaux ancrages.</p>
<p>Délesté de ces pesantes chimères, la sensation de flottement et de bien-être, telle une libération, habitait cet espace transitoire, alors qu'en fond je sentais les cinq derniers grammes de Psilocybine se confondre entièrement aux précédents déjà unis à mon hémoglobine, et abattre les derniers freins qui contenaient encore l'EP. C'est donc dans une sérénité entière que je me laissais happer par la singulière et ultime vague initiée par le grand Poséidon fongique.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Ceremonia1.webp" alt="" /></p>
<p>C'est au cœur d'une gigantesque foret verdoyante que ma conscience est guidée, lors d'une nuit étoilée. Mon existence se mêla à celle de l'individu présent au milieu de cette jungle. Ses souvenirs cohabitaient avec les miens. Je n'étais pas simple spectateur de sa vie, j'héritais de sa mémoire, je ressentais les émotions qui le traversaient, j'avais vécu ce qu'il avait parcouru, en un mot j'étais lui. Un guérisseur ancestrale, qui ne semblait pas vivre dans notre temporalité, mais bien dans une réalité parallèle solarpunk futuriste. Même si je semblais être en tout point banal, mes capacités étaient colossales et particulières. Seul, posé dans cette foret à bosser sur une incantation, mon regard se leva vers la voûte céleste. A travers le sommet des arbres, la voie lactée me connectait à une civilisation extraterrestre. Un peuple avancé en tout point, une tribu qui était la mienne. J'étais un humain qui, dans son essence, faisait partie de cette communauté astral. Sa nature, au fur et à mesure de ce lien exposé, devenait insaisissable et flou, où l'ancestrale et le futur épuré se lovaient.</p>
<p>Progressivement, la scène s'effaça pour laisser place à la confusion et sceller la fin des effets psilocybiens. Alors que j’intégrais mes esprits, encore assis en tailleur, je sentis les pattes de Wish qui s'installa sur mes jambes. Quand j’enlevais mon bandeau, cette petite boule de poils dormant sur moi fut la première chose que je vis. Comme s'il avait attendu mon retour de ce voyage intérieur pour venir m'apporter son réconfort, son soutien après cette traversée éprouvante.</p>
<p>Au sujet des migraines, les répercutions furent mitigées. Il est indéniable que ce dosage conventionnel permit d'éloigner radicalement toutes saisies migraineuses potentielles, durant une période d'un peu moins de trois semaines. Or, contrairement au micro-dosing qui permet de maintenir ce champ d'action constant, j'ai vu, par le macro-dosage, la force des Psilocybes, au bout de deux semaines, s'amoindrir puis s'effacer entièrement. Il permait d'éviter le micro-dosing (Sollicitation répétée des récepteurs 5HT2B), mais renferme une traversée éprouvante.</p>
<p><img src="http://connexions-vivant.ovh/Blog/Wish.webp" alt="" /></p>
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