mercredi 28. janvier 2026
Nexus - NewsLetter du 26 Octobre 2025
“Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière.” Charles Baudelaire
Il est des courants qui bercent le vivant, omniprésents et insaisissables, ils soufflent sur chaque âme afin d’animer et modeler l’existant. Cet océan aux étendues infinies est communément appelée Conscience. Du Tout, elle en est le contenant et le contenu.
Même si la nature de ses insondables abysses demeure, ontologiquement, à jamais inaccessible, nous pouvons scruter le reflet de ses vagues. Thérapies assistées par Psychédéliques et autres champs de Conscience élargie seront, ici, nos points d’entrée à l’ineffable Essence initiale.

Toutefois, à l’antichambre de cet arrière-monde, il nous semble impératif de réaffirmer à notre auditoire quelques évidentes intimations. L’évocation d’usage de substances psychédéliques ne pourra pas être prise pour ce qu’elle n’est pas, un quelconque encouragement à leur consommation. Mais bien une exposition sincère de leur potentialité, dans un cadre thérapeutique, médical ou traditionnel où la légalité le permet, ainsi que leur dangerosité. Par ces lignes, notre unique volonté est une entière contribution à la réduction des risques.
Commençons ce Nexus par une promotion. Celle d’un livre. Un témoignage, que nous confie Zoê HABABOU, Ayahuascarera qui traversa frénétiquement le globe depuis des années, mû par une quête alchimique qui prit forme en voyages aussi géographiques qu’interieurs. Quête de vision avec la Mère de toutes les plantes, l’Ayahuasca, chez le Chipibos, par le Peyotl et le Bufo dans un désert mexicain brûlant, sa topologie tissée de ces mondes et de leurs limbes est une précieuse lumière à toute compréhension de ces traditions et de leurs infinis labyrinthes hallucinogènes. Avec son roman Borderline, elle confiait les secrets d’une foret amazonienne luxuriante et de ses cérémonies d’Ayahuasca. Aujourd’hui, par Rencontre avec le peyotl, elle nous livre un témoignage immersif, aspirant, direct et puissant de sa première plongée dans les abysses de la Mescaline, en plein cœur des régions les plus arides de Wirikuta. Vous pouvez acquérir ce délicieux récit auto-biographique sur Amazon, ou, encore mieux, directement par son biais.
Le 21 janvier dernier, Andrew R. Gallimore publiait un article pour exposer la nature d’une expérience troublante. Celle du Code de la Réalité, communément appelée l’Effet du Laser DMT. Un glitch qui fut théorisé par Danny Goler, où le voile de la réalité se déchire pour laisser entrevoir le code de sa matrice. Oui, le code fondamental de notre réalité, ni plus ni moins. Pour ça, un faible dosage de DMT et l’emission d’un laser rouge (650nm) permettraient de percer toute illusion de notre monde en révélant son code caché. C’est ce qu’affirme certains psychonautes et ce que certifie Danny à Andrew:
“I have found a way to see the source code reliably, 100% of the time while on the molecule.”
A quoi Andrew, brillant neuroscientifique, expert mondial des effets de la DMT, répond avec prudence que, ontologiquement, une contradiction jaillit: Si l’information révélée à la surface d’un objet était perçue, elle ne pourrait pas se transporter au delà de la surface pour, ainsi, aller taper sur la rétine de l’observateur. Émettant, avec d’autres arguments légitimes, un scepticisme sur les résultats de l’étude lancée.
L’autre fait embarrassant est le code lui-même: des Katakanas et des formes géométriques stables. Pour les Katakanas, une pluie numérique Matrix si gênante dans sa similitude avec la création des sœurs Wachowsky, qu’elle frollerait le caricaturale. Même si le code se révèle stable et objectif, il n’est pas moins envisageable qu’il ne soit pas indépendant de son observateur. Les expérienceur.euse.s, voient-ils, tous, exactement le même code au même moment? Andrew rappel que les structures géométriques et les écritures sont choses communes aux explorations psychédéliques.
Un article à parcourir donc, pour sa pertinence, pour la nuance qu’il apporte et, surtout, pour toutes les autres subtilités évoqués par Andrew R. Gallimore qu’il est impossible, ici, d’exhaustivement lister.

En dehors de la question de la DMT, cette expérience invoque, en creux, une théorie encore plus surprenante: Celle que nous vivrions dans une simulation. Concept qui fut mille fois utilisé dans les fictions, par exemple Memoire double, DarkCity, Passé Virtuel, etc… mais qui, depuis peu, voit son fondement scientifique émerger de nouveau avec force.
Synchronicités ou non, alors que je suis plongé à la lecture du best-seller d’Anil Seth sur le sujet, de plus en plus d’articles percutent les rochers de mes sources d’information. Pour le dernier, mis en avant par Thierry Crouzet lors de sa Terrasse30, il est question de la gravité comme preuve de l’existence d’une telle simulation, comme ciment attractif de cette illusion orchestrée, comme conteneur initial d’entropie. Cette même gravité qui courbe le temps. Avec les autres forces fondamentales (Électromagnétisme, Nucléaire, etc.), elle ferait partie de l’expression d’une structure plus subtile, plus centrale.
Derrière toute loi, il y a une volonté et un code. Notre imagination pourrait nous amener à penser qu’en renversant la flèche du temps vers la singularité initiale, traversant le mur de Planck et ses fluctuations de la métrique, nous pourrions découvrir un instant primordial (t=0) purement Euclidien, constitué d’informations inébranlables et originelles. Comme les bits gravés d’un DVD, qui permet le déploiement d’une réalité capturée une fois ce disque lancé dans le lecteur. Ces données éthérées ne seraient ni les lois qui érigent notre univers-bloc, ni ses constantes cosmologiques, ni les causes derrière toutes conséquences, mais bien la racine fondamentale à l’Etre et au non-Etre, à l’existant et à l’inexistant, comme un brin d’ADN, à l’exprimé et au non-transcrit.
Certains, plus joueurs, avanceront que cette matrice informationnelle pourrait se loger à l’horizon d’un trou noir, et que notre [Multi|Uni]vers-bloc enfanté prendrait place en ses tréfonds. Ce trou noir faisant lui-même partie d’un autre [Multi|Uni]vers-bloc, peut-être, également piégé dans un trou noir, lui aussi constituant d’un [Multi|Uni]vers-bloc piégé… et ainsi de suite, comme un insondable jeu de Poupées Russes, une céleste imbrication fractale, un maillage vertigineux et infini. Or, nous n’avons toujours pas répondu à la question: quel est la nature de ce Matrix-Code ? Nous ne le serons peut-être jamais. Mais, nous savons que derrière tout code, il y a un codeur. Renvoyant à l’Architecte de cette titanesque machinerie. Nombreux sont ceux qui n’y verront aucune destinée, juste des mondes, un modèle auto-générés jaillit spontanément du néant, du non-Etre. Posant en creux, les raisons de son émergence ? L’aléatoire ?
Contrairement à cette voie, nos convictions, plus exotiques, comme évoquées en introduction, nous poussent à envisager une volonté initiatrice, une Conscience Ultime, l’Ein Sof, insaisissable, inconnaissable, existant avant toute manifestation. Cette Conscience, omnisciente et omniprésente, aurait pu laisser son empreinte en toute chose, en toute création et toute expérience. Et finalement, si notre Conscience n’était pas qu’un simple écho à la sienne ? Alors, peut-être, par un puissant jeu de miroirs illusoires, était-ce cela notre réalité ?